Des étudiants euphoriques en Caroline du Nord

REPORTAGE A Chapel Hill, dans le grand hall de l’université...

Kéthévane Gorjestani, à Chapel Hill (Caroline du Nord)

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Des étudiants célèbrent la victoire d'Obama sur Franklin Street à Chapel Hill (Caroline du Nord) le 4 novembre 2008
Des étudiants célèbrent la victoire d'Obama sur Franklin Street à Chapel Hill (Caroline du Nord) le 4 novembre 2008 — Kéthévane Gorjestani

Il est 19h dans le grand hall de l’Université de Caroline du Nord (UNC), à Chapel Hill. Assis, debout, par terre, les étudiants ont les yeux rivés sur CNN pour ne pas rater une miette de l’élection. Les plus accros comme Ross Twele, un cinquième année, sont par ailleurs connectés à tous les sites d’informations sur leur ordinateur portable. L’ambiance est assez calme car tous s’attendent à vivre une élection très serrée et à passer une longue soirée. «Il y a de très grandes chances qu’on soit là toute la nuit», explique Ross Twele. «C’est pas grave, moi j’ai cours à 11h seulement donc je peux me coucher tard», dit Krishna Kollu, un première année, ajoutant un petit pronostic: «Si on a les résultats avant 2h du matin c’est Obama; si c’est plus tard alors c’est McCain.»

Il faut attendre 20h50 pour les premiers cris et applaudissements, quand la candidate démocrate de Caroline du Nord remporte le siège de sénateur. «C’est très bon signe pour Obama!», lance un étudiant.  A 21h, Barack Obama est déjà bien en tête.

Les visages fermés côté républicain

Côté républicains, seul une trentaine de personnes réunis dans un amphithéâtre, dont une dizaine de journalistes. Les visages sont aussi fermés que ceux des journalistes de la chaîne conservatrice Fox News. Pour Blake Barrington, membre des Etudiants républicains, le choix du lieu était vite vu: «Je n’avais pas vraiment le choix parce que je ne voulais pas regarder la télé avec mes amis. Ils sont tous démocrates!» Il avoue qu’il ne restera probablement pas jusqu’au bout. «Je vais attendre éventuellement la Floride mais bon», dit-il avec dépit.

Les démocrates, eux, ont vu grand. Ils ont choisi l’un des restaurants branchés de Chapel Hill pour attendre les résultats. Le restaurant est plein. Les étudiants chantent «Obama! Obama!» ou «Yes we can!» à chaque Etat remporté, avec des T-shirts Obama, des pin's, des autocollants et même des faux tatouages sur le visage. Tous n’attendent qu’une chose: aller faire la fête dans la rue. «Il faut absolument qu’on débarque sur Franklin street s’il gagne!», explique Claire Holland, venue avec deux amies.

«Je voudrais l’écouter pour pouvoir aller en boîte après»

Des cris de joie éclatent dans le restaurant, les gens s’embrassent, pleurent, sautent dans tous les sens. Il est 23h et Obama vient d’être élu président. Le restaurant se vide en quelques minutes et tous les jeunes se retrouvent sur Franklin Street, la rue principale de la ville. Malgré la pluie battante, ils courent au milieu des voitures sous les yeux des policiers débordés qui décident de bloquer la circulation pour quelques heures.

Un peu plus loin sur Franklin street, à Jack Sprats, une trentaine d’étudiants étrangers et quelques Américains écoutent avec attention le discours du perdant. Mais très vite ils s’impatientent. «Bon et Obama il va parler quand. Je voudrais l’écouter pour pouvoir aller en boîte après», explique Andy Lea, un Irlandais en échange à UNC.

«Yes we can» repris en cœur

A l’apparition du nouveau Président des Etats-Unis, le bar devient silencieux. Tous écoutent religieusement le discours puis reprennent en cœur les «Yes we can» avec des accents allemands, espagnols, français, australien, italiens… «C’était génial d’être ici pour cette élection! Mais je suis quand même content que ça soit fini», explique Gregor Wendler, un étudiant allemand.

Il est l’heure d’aller en boîte. Les étudiants oublient l’évènement historique qu’ils viennent de vivre et Franklin Street redevient calme…jusqu’au lendemain.