«Un formidable encouragement à bousculer notre mini-Bush»

INTERVIEW Trois questions au socialiste Benoît Hamon, député européen et vice-président de la délégation pour les relations avec les Etats-Unis...

Propos recueilli par Julien Ménielle

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La mise à disposition d'un avion pour les vacances de Nicolas Sarkozy en Egypte constitue "un bon investissement" pour l'homme d'affaires Vincent Bolloré et aura une "contrepartie", a déclaré mercredi le porte-parole du PS Benoît Hamon.
La mise à disposition d'un avion pour les vacances de Nicolas Sarkozy en Egypte constitue "un bon investissement" pour l'homme d'affaires Vincent Bolloré et aura une "contrepartie", a déclaré mercredi le porte-parole du PS Benoît Hamon. — Jean-Pierre Muller AFP

Trois questions au socialiste Benoît Hamon, député européen et notamment vice-président de la délégation pour les relations avec les Etats-Unis, après l'élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis.

Quelle réaction vous inspire la victoire de Barack Obama?
C'est une très bonne nouvelle pour les relations internationales, pour l'environnement et le développement. Mais c'est avant tout une excellente nouvelle pour les Américains, qui peuvent s'attendre à une rupture significative en matière de politique sociale, économique et fiscale. Je ne masque pas mon enthousiasme, qui est peut-être un peu trop débordant car les difficultés vont commencer.

Que va-t-il se passer maintenant?
Barack Obama devrait avoir les moyens de sa politique. Il aura probablement une vraie fenêtre de tir, avec un Congrès qui lui sera très favorable, même si aux Etats-Unis, les choses sont un peu plus compliquées que cela. Ses choix seront moins idéologiques et moins inspirés par les vieux dogmes, notamment religieux, que ceux de Bush.

A quand la même révolution en France?
C'est sûr que nous venons de prendre un sérieux coup de vieux. Et par contraste, l'éclaircie américaine nous renvoie un tableau bien sombre de la situation en France et en Europe. Mais les dirigeants politiques ont la capacité de renouveler les visages et les modèles qui ont conduit à la crise actuelle. C'est un formidable encouragement à bousculer notre mini-Bush. Je note au passage le côté pathétique du retournement de veste d'un Nicolas Sarkozy hier pro-Bush et aujourd'hui pro-Obama parce que c'est dans l'air du temps.