Hervé Mariton: «Les Américains ont privilégié la forme sur le fond»

USA 2008 Déçu, le député UMP pro-McCain analyse les répercussions du scrutin sur les relations entre Paris et Washington...

Propos recueillis par Sandrine Cochard

— 

L'Assemblée entame l'examen du projet de loi "sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres de voyageurs", adopté le 19 juillet par le Sénat.
L'Assemblée entame l'examen du projet de loi "sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres de voyageurs", adopté le 19 juillet par le Sénat. — Pierre Verdy AFP/Archives

Le député UMP Hervé Mariton est déçu: John McCain, son favori, a été devancé par Barack Obama lors de l’élection présidentielle américaine, mardi. Un choix qui ne sera pas sans conséquence, selon le député français.

>> Profil des candidats Obama et McCain, coulisses de la campagne, diaporamas des temps forts: notre dossier sur les élections américaines est ici.

Les Américains ont opté pour Barack Obama. Etes-vous déçu?
Le résultat était prévu. Les sondages lui étaient favorables et la dynamique de la campagne tendait clairement vers Obama. Son charisme a joué un grand rôle et McCain, malgré une très bonne campagne, n’a pas su capter le besoin de changement que manifestaient les électeurs. Je pense néanmoins que John McCain avait plus de compétences car c’est un parlementaire remarquable est remarqué. Les Américains ont privilégié la forme sur le fond

Selon vous, a-t-il pâti de l’héritage de George W. Bush?

Un héritage politique est toujours difficile à gérer. Le président Bush a commis beaucoup d’erreurs mais il ne faut pas noircir le tableau. A mon avis, le tournant de la campagne a été la crise financière de septembre. Elle a déplacé le débat de la politique étrangère, domaine dans lequel McCain était plus pertinent qu’Obama, à l’économie américaine. Cette crise a assommé le candidat républicain. Malgré ses compétences, son âge s’est fait sentir et il lui a manqué un regain d’énergie à un moment-clé de la campagne. McCain a mené une campagne très professionnelle mais pas assez «fraîche».

L’élection de Barack Obama laisse-t-elle présager des relations franco-américaines plus fortes?
Sa campagne s’est construite sur son charisme, avec ce que cette stratégie comporte comme incertitudes pour l’avenir. Quant à une ouverture des Etats-Unis vers le monde, je reste sceptique. Les discours de Barack Obama et son intervention à Berlin ont révélé un fort protectionnisme. A l’heure où Nicolas Sarkozy cherche à trouver une issue internationale à la crise financière, ce discours laisse planer un doute quant à la volonté du candidat démocrate de s’y associer.