«Obama, c'est l'Amérique qu'on a envie d'aimer»

INTERVIEW Trois questions à Pierre Moscovici, secrétaire national aux relations internationales du Parti socialiste, et député du Doubs à l'Assemblée nationale...

Propos recueillis par Julien Ménielle

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Pierre Moscovici, député PS du Doubs, jugeant dimanche la première année du mandat présidentiel, a estimé que Nicolas Sarkozy avait eu "de l'or dans les mains" après son élection mais l'avait transformé "en plomb".
Pierre Moscovici, député PS du Doubs, jugeant dimanche la première année du mandat présidentiel, a estimé que Nicolas Sarkozy avait eu "de l'or dans les mains" après son élection mais l'avait transformé "en plomb". — Francois Guillot AFP/archives
Barack Obama est devenu le 44e président des Etats-Unis. Trois questions à Pierre Moscovici, secrétaire national aux relations internationales du Parti socialiste, et député du Doubs à l'Assemblée nationale.

Que vous inspire l'élection de Barack Obama?
Comme tout le monde, je salue ce moment proprement historique. Les Etats-Unis, pays où tout est possible, donne une leçon au Monde et prouve que le rêve des pères fondateurs est toujours vivant. Le pays porte au pouvoir un fils de l'Afrique, 40 ans après la fin de la ségrégation. De plus, les Etats-Unis tournent le dos à trente années de reaganisme, avec un Congrès très démocrate.

Le socialiste Faouzi Lamdaoui se demande «où sont nos Barack Obama à nous?»
Nous devons en effet méditer la leçon pour la politique française, sur sa capacité à se renouveler. Il y a en France bon nombre de personnes de grande valeur. Jeunes, noires, d'origine maghrébine, mais pas seulement. Le fait que Barack Obama soit noir est historique mais il n'y a pas que ça. Aux Etats-Unis, chacun a sa chance, en France, chacun doit avoir la sienne.

A quels changements peut-on s'attendre sur le plan international?
Bush, c'était l'Amérique qu'on déteste: brutale et arrogante. Obama, c'est celle qu'on a envie d'aimer: ouverte au Monde, porteuse d'idées. Cependant il faut raison garder. Les Américains n'ont pas élu un dieu, ni une icône, mais un homme. A partir de janvier, il ne sera plus un candidat charismatique, il sera un président des Etats-Unis avec lequel nous aurons des points de désaccord. Mais certes, moins qu'avec Bush.