Victoire de Barack Obama: «On est entré dans l'ère post-raciale, un cap est franchi»

INTERVIEW Joe Smallhoover, président des démocrates en France...

Propos recueillis par Catherine Fournier

— 

Barack Obama, 47 ans, élu mardi président des Etats-Unis, se veut l'incarnation du rêve du militant des droits civiques Martin Luther King et est souvent comparé à John Kennedy pour son charisme et l'espoir de changement qu'il soulève.
Barack Obama, 47 ans, élu mardi président des Etats-Unis, se veut l'incarnation du rêve du militant des droits civiques Martin Luther King et est souvent comparé à John Kennedy pour son charisme et l'espoir de changement qu'il soulève. — Emmanuel Dunand AFP
Joe Smallhoover, président des démocrates en France, réagit à la victoire écrasante de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis.

Comment avez-vous vécu cette nuit électorale et surtout cette victoire du candidat démocrate?

C'était une soirée extraordinaire, plus qu'historique. Avec la victoire de Barack Obama, un des problèmes fondamentaux de la démocratie américaine, le racisme et l'esclavage, vient d'être résolu. On est entré dans l'ère post-raciale, un cap est franchi.

Vous attentiez-vous à un tel succès?

J'étais convaincu qu'on allait gagner mais je pensais que ça allait être beaucoup plus serré. Le fait que Barack Obama ait remporté des Etats républicains comme la Floride, la Virginie et l'Ohio est inouï, c'est grandiose.

Quel a été le meilleur atout du candidat selon vous?

Il a su incarner le changement et la rupture, notamment au niveau générationnel. Pas moins de 60% des jeunes ont voté pour lui, c'est énorme. Barack Obama a mené une campagne Internet sans faille, avec une utilisation moderne de tous les moyens électroniques. Cela a pesé dans la balance sans conteste.

Et maintenant? Le Président sera-t-il à la hauteur de l'espoir incarné par le candidat?

Vient en effet la partie la plus difficile. Il va falloir gouverner avec, certes, une majorité démocrate, mais qui ne sera pas la plus facile à contenter. Barack Obama, plutôt de centre-gauche, devra négocier avec la frange la plus à gauche de son parti tout en ménageant les démocrates plus conservateurs du Sud.

A quel chantier doit-il s'attaquer en premier?

Il faut d'abord trouver une solution à la crise financière et économique afin de pouvoir faire quoi que ce soit d'autre. Ensuite vient la guerre en Irak. Si la situation le permet, il faut sortir les soldats américains dans les seize mois. Le challenge est absolument énorme. Mais Barack Obama est quelqu'un de très calme, intellectuel et posé. Il y parviendra.