Axel Poniatowski, député UMP: «Maintenant, il faut attendre les actes»

ELECTIONS AMERICAINE Il espère une nouvelle donne internationale «plus multilatérale»...

propos recueillis par A.L.

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Axel Poniatowski, président UMP de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale
Axel Poniatowski, président UMP de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale — IBO / SIPA

Axel Poniatowski, député UMP du Val d'Oise, tient à le rappeler : il était  le «premier politique à soutenir Obama» en France. Président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, il espère une nouvelle donne internationale avec «une approche plus multilatérale» de la part des Etats-Unis.

Quelles sont vos premières réactions à la victoire de Barack Obama?
C'est la victoire de l'optimisme. Un noir à la présidence des Etats-Unis, c'est un changement considérable quand on connaît ce pays. Je crois qu'après les crises diplomatiques et financières qu'a connues l'Amérique sous la présidence de Georges W. Bush, les Américains voulaient tourner la page. Il est probable qu'on atteigne un record de participation, même supérieur à celui de l'élection de John Kennedy. Mais il ne faut pas non plus parler de raz-de-marée: mis à part en Pennsylvanie, les autres «swing states» ont été remportés de peu. McCain était le meilleur des candidats que les républicains pouvaient présenter: il a limité la casse.

Au plan international, qu'est-ce que cette victoire va changer?
Durant sa campagne, Barack Obama a fait plusieurs déclarations témoignant de sa vision plus multilatérale de la politique internationale. Maintenant, il faut attendre les actes. Or concernant les deux grands défis actuels - la crise économique et financière, et la lutte contre le terrorisme -, il faut que les Etats-Unis changent d'approche. En consultant l'Europe, les USA pourront regagner en légitimité. Et surtout, il est toujours plus efficace, de gérer ces affaires-là ensemble.

De nombreuses personnalités de l'UMP ont pris position pour Barack Obama. N'êtes-vous pas plus proches des républicains?
C'est amusant qu'on me pose si souvent cette question, car l'UMP est bien plus proche des démocrates que des républicains. D'une part, l'aspect religieux, très présent dans le programme républicain, ne nous correspond pas. Mais par rapport aux démocrates, nous avons également une composante sociale bien plus forte: au niveau de la santé, de l'éducation, nous allons beaucoup plus loin que ces derniers. Chacun des deux partis sont d'ailleurs bien plus à droite que l'UMP.

Un Obama français, c'est possible?
Obama est un excellent orateur sur le fond comme sur la forme. Mais ce qui est très fort, c'est que, durant sa campagne, il a toujours refusé le communautarisme. En France aussi, je crois qu'un candidat communautariste n'aurait aucune chance d'être élu. En revanche, un candidat exceptionnel, doué d'un véritable talent, même métis, aurait toutes ses chances.