Etats-Unis : Dernière « Marche des femmes » avant la présidentielle

CONTESTATION Quelques milliers de manifestants se sont réunis à Washington et à New York pour ce rendez-vous annuel de protestation

20 Minutes avec AFP

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Lors de la "Marche des fammes" 2020, à Washington, le 18 janvier.
Lors de la "Marche des fammes" 2020, à Washington, le 18 janvier. — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

« Je suis encore plus scandalisée que je l’étais il y a trois ans », a écrit sur une pancarte Kim Elliott, une habitante de Washington d’une quarantaine d’années. « On savait tous que Trump allait être horrible, et il est encore pire, on ne réalise même pas à quel point », a-t-elle expliqué à l’Agence France-Presse à côté de sa fille de sept ans, qui participait, avec enthousiasme, à sa première « Marche des femmes ». Comme elles, une petite foule de femmes de 7 à 77 ans, féministes affirmées venues entre amies ou en famille et vêtues du bonnet rose emblématique de ces marches, chantaient derrière la Maison Blanche, dans le froid et sous de fins flocons de neige.

En 2017, ce défilé avait eu lieu pour sa première édition au lendemain de la cérémonie de prestation de serment du magnat de l’immobilier new-yorkais, et avait marqué la première grande réaction de la société civile à son accession au pouvoir. Les manifestants et manifestantes étaient près de 500.000 à Washington et des millions à travers le pays pour dénoncer sa victoire face à Hillary Clinton, acquise malgré les polémiques sur son attitude vis-à-vis des femmes.

Foule clairsemée

Trois ans plus tard, la foule est clairsemée sur la petite place de la capitale américaine d’où s’élance la marche. A peine 6.000 personnes disaient participer à l’événement sur Facebook. « J’ai vu des cabinets plus malins chez Ikea », « La place d’une femme est à la Chambre… et au Sénat » : les messages politiques rivalisaient d’humour, malgré la gravité des thèmes abordés.

Lauren Sloniger, une habitante de la banlieue de Washington de 26 ans, a décidé de jouer sur l’ironie générationnelle en adressant sur sa pancarte un « OK Boomer », (« Cause toujours le baby-boomer », en français) au président Donald Trump, 73 ans, qui a assuré n’avoir « rien fait de mal » dans l’affaire qui lui vaut un procès en destitution au Congrès.

Evelyn Yang à New York

« Peu importe qui est le candidat qui sera face à Donald Trump, cette personne devra faire du droit des femmes une priorité pour aider notre grande nation », explique Rebecca Snell, une jeune femme habillée en noir et portant un bonnet rouge pour interpréter « Le violeur, c’est toi », la chorégraphie chilienne devenue hymne international contre les violences faites aux femmes. « J’ai des amis conservateurs qui sont horrifiés par les attaques contre 'Roe v. Wade’», l’arrêt de la Cour suprême qui a légalisé l’avortement en 1973 et qui est fragilisé depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump explique quant à elle Catherine Stevens, une autre manifestante.

Sur scène, les organisateurs ont remercié les participants présents malgré l’essoufflement de la mobilisation et des conditions météo défavorables. Des rassemblements ont eu lieu dans d’autres villes américaines, dont New York, où deux milliers de personnes se sont rassemblées. A Times square, elles ont notamment pu écouter Evelyn Yang, la femme du candidat à la primaire démocrate Andrew Yang qui a récemment raconté dans les médias avoir été agressée sexuellement par son médecin lors de sa grossesse.

A l’issue de la marche, tout le monde s’est en tout cas sur le même point : si Donald Trump est réélu en novembre, le mouvement reprendra comme jamais.