Après la mobilisation passive, le stress du résultat...

USA2008 Des millions d'Américains sont allés voter pensant que leur bulletin pourrait faire une différence. Ils attendaient les résultats...

Angeline Benoit

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Dans tout le pays, de longues files d'attente étaient signalées devant les bureaux de vote.
Dans tout le pays, de longues files d'attente étaient signalées devant les bureaux de vote. — Bill Pugliano AFP/Getty Images
Finie la cohue du vote, bonjour l'angoisse du résultat. Dans la nuit de mardi à mercredi, la fermeture des bureaux de vote a commencé dans le calme sur la côte Est des Etats-Unis. Et si les électeurs n'ont pas fini de se rendre aux urnes (le pays compte six fuseaux horaires), les files interminables n'ont plus cours.

«L'afflux le plus important s'est produit jusqu'à huit ou neuf heures du matin, avant le travail», confirme Christopher Cermak, journaliste américain pour l'agence de presse allemande Deutsche Presse-Agentur, rappelant que 31 millions d'électeurs se sont même prononcés avant mardi, en votant par
correspondance.

«Effervescence politique»

La perspective d'un président noir ou d'une vice-présidente a suscité un taux de participation sans précédent dans les Etats clés du scrutin. Au total, un record de 130 à 135 millions d'électeurs pourrait voter, contre 120 millions en 2004.

«Tout le monde parle d'une élection historique, analyse Christopher Cermak. Du fait des candidats et de la situation économique, une effervescence politique s'est produite. J'ai rencontré un monsieur âgé de 83 ans qui a commencé à voter après la guerre et n'avait jamais rien vu de tel.»

«Beaucoup de personnes sont arrivées en disant que c'était la première fois qu'elles votaient ou que leur famille ou leurs amis les avaient poussées à venir», témoigne Vanessa Benoit, bénévole dans un bureau de vote d'un quartier 100% afro-américain de Washington DC. «Certains étaient venus pour aider parce qu'ils sont trop jeunes pour voter et appelaient toutes leurs connaissances pour vérifier qu¹elles avaient exercé leur droit civique», raconte cette Française de 34 ans qui vient d'emménager aux
Etats-Unis.

« Je me sens très nerveuse »

Les premiers sondages sortis des urnes montrent que chacun a eu raison de penser que son vote comptait. «Je crois à la victoire d'Obama et en même temps je me sens très nerveuse, confie Tara Gentry, 25 ans, originaire du Colorado, qui se prépare à passer sa nuit électorale dans un bar avec un ami. Dans ce pays, il y a beaucoup de personnes ignorantes qui pourraient tout faire rater. Quand on entend certains Américains des Etats ruraux du sud, c'est effrayant. Même un assassinat n'est pas impossible.»