Au QG d'Obama, on est optimiste mais mobilisé jusqu'au bout

REPORTAGE Alors que les résultats commencent à tomber, la prudence est de mise

Philippe Berry, à Los Angeles

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 Le QG californien d'Obama, à Los Angeles
 Le QG californien d'Obama, à Los Angeles — P.B.
De notre correspondant à Los Angeles

Une machine de guerre. A voir les dizaines de volontaires encore s’activer au téléphone, au QG californien d’Obama, difficile de croire qu’on est dans les dernières heures de la campagne.

 

 «Dépêche-toi, il ne reste qu’une demi-heure avant la fermeture des bureaux dans l’Ohio, un vote peut faire la différence. Après, passe au Colorado (un autre fuseau horaire, ndlr).» Gwilym, 25 ans, donne les dernières directives. «S’il le faut, on appellera les gens en Alaska jusqu’à la dernière seconde, jusqu’au dernier souffle», explique-t-il.

 

Gwilym, comme quasiment tout le monde est 100% bénévole. Depuis septembre, il donnait environ 20 heures par semaine de son temps. Sur la dernière semaine, c’était plutôt 70. «Chaque jour, on avait entre 300 et 700 volontaires rien que dans ce bureau de Los Angeles. C’est minimum 100.000 coups de fils quotidiens», chiffre Deborah. Et des bureaux comme celui-ci, il y en a des dizaines en Californie.

 

Stratégie à 50 Etats

 

La Californie n’est pourtant pas un champ de bataille. Mais elle a fourni près de 20% des 700 millions de  dollars levé par Obama. Rien que la semaine dernière, «18.000 Californiens sont allé à Las Vegas pour tenter d’arracher le Nevada», explique Deborah. Sous la houlette du directeur de campagne David Plouffe, Obama a quasi pu mener une campagne compétitive dans les 50 Etats.

 

Les premiers sondages sortis des urnes tombent. La Pennsylvanie, sans laquelle McCain n’a quasi aucune chance de l’emporter, semble pencher vers Obama. «On va faire la fête ce soir», chuchote Jessica, en mordant dans son doughnut.

 

A quelques miles de là, le soleil disparaît derrière les palmiers de Rodeo Drive, à Beverly Hills. Perché sur un fil électrique, une centaine d’oiseaux attend quelque chose. Bonne ou mauvaise augure?