Iran: Le président Hassan Rohani souhaite éviter « la guerre »

CALMER LE JEU La perspective des législatives du 21 février oblige le pouvoir à faire retomber la pression aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays

20 Minutes avec AFP

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Le président iranien Hassan Rohani (debout) et l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution, le 15 novembre 2019 à Téhéran.
Le président iranien Hassan Rohani (debout) et l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution, le 15 novembre 2019 à Téhéran. — AY-COLLECTION/SIPA

Le président iranien Hassan Rohani a affirmé jeudi vouloir éviter la guerre après que Téhéran et Washington ont paru à deux doigts de l’affrontement militaire direct début janvier, pour la deuxième fois en moins d’un an. A l’approche des législatives du 21 février, annoncées comme difficiles pour le camp modéré du président, et dans un contexte de tensions croissantes entre Téhéran et les Occidentaux sur le programme nucléaire iranien, il a également déclaré vouloir continuer de dialoguer avec le monde sur cette question.

L’Iran a obtenu sa « compensation militaire »

« Le gouvernement travaille quotidiennement à empêcher un affrontement militaire ou la guerre », a expliqué Hassan Rohani dans un discours à la Banque centrale. Selon lui, les frappes le 8 janvier contre des cibles militaires américaines en Irak ont permis à son pays d’obtenir « la compensation militaire » voulue pour la mort de Soleimani.

La volonté d’apaisement se comprend surtout au regard de la pression de la rue. La tension entre les Etats-Unis et l’Iran semble être retombée à la suite du drame du Boeing de Ukraine International Airlines (UIA), que l’Iran a abattu par erreur, faisant 176 morts. Mais en Iran, la catastrophe aérienne a suscité l’indignation. Hassan Rohani a ainsi reconnu implicitement l’existence d’une crise de confiance envers les autorités.

De samedi à mercredi, des rassemblements antipouvoir ont eu lieu chaque jour. Les forces de sécurité ont été déployées jeudi soir dans la capitale pour faire face à d’éventuelles nouvelles manifestations. Quelque 50 membres de la police anti-émeutes, à moto et armés de matraques, ont été postés à un carrefour majeur dans le nord de Téhéran. Concentrées surtout dans la capitale, les manifestations des derniers jours sont toutefois apparues d’une ampleur nettement inférieure à la vague de contestation nationale de novembre contre la hausse du prix de l’essence, matée au prix d’une répression ayant fait au moins 300 morts, selon Amnesty International.

Discours vendredi du guide suprême

Tentant apparemment de reprendre la main sur le plan politique, Hassan Rohani a plaidé mercredi pour une meilleure gouvernance et davantage de pluralisme. Jeudi son discours allait donc également dans ce sens. Il a surtout tenu ces propos avant un discours attendu du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui doit présider vendredi à Téhéran la grande prière hebdomadaire musulmane pour la première fois depuis 2012.