« Impeachment » : L’acte d’accusation présenté au Sénat, Trump prédit un procès « vite bouclé »

ETATS-UNIS Donald Trump devrait être acquitté, mais l'audience, qui durera entre deux et cinq semaines, pourrait réserver des surprises

P.B.

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Le démocrate Adam Schiff va tenir le rôle du procureur lors du procès en destitution de Donald Trump devant le Sénat américain.
Le démocrate Adam Schiff va tenir le rôle du procureur lors du procès en destitution de Donald Trump devant le Sénat américain. — Sipa

« Donald J. Trump, le président des Etats-Unis, est impeached pour crimes graves et délits. » Jeudi, le démocrate Adam Schiff a officiellement présenté au pupitre du Sénat l’acte d’accusation contre le président américain. Dans la foulée, le chef de la Cour suprême, John Roberts, a fait prêter serment aux 100 sénateurs, donnant ainsi le coup d’envoi du procès en destitution du président américain – les choses sérieuses ne commenceront toutefois que mardi.

Si le président américain devrait au final échapper à une destitution, les prochaines semaines pourraient réserver des surprises, notamment si des témoins majeurs étaient entendus, un point crucial qui devrait faire l’objet d’une bataille féroce. Depuis le bureau ovale, le président américain a prédit que son procès serait « vite bouclé », dénonçant une nouvelle fois une « chasse aux sorcières ».

Donald Trump a été mis en accusation pour « abus de pouvoir » et « entrave au travail du Congrès ». Il est accusé d’avoir « trahi » son serment de président et la Constitution en « sollicitant l’interférence d’un gouvernement étranger, l’Ukraine, (…) pour son gain politique personnel dans l’élection de 2020. » Selon les démocrates, le président américain a « fait pression » sur le président ukrainien Zelensky « pour qu’il annonce l’ouverture d’une enquête sur Joe Biden », dont le fils a travaillé pour la compagnie gazière Burisma. Donald Trump aurait ensuite cherché à « couvrir ses traces » en bloquant l’enquête du Congrès, en refusant de transmettre des documents et en bloquant le témoignage de témoins-clés.

Un procès sans suspense

Comme Bill Clinton en 1999, Donald Trump devrait échapper à une destitution. Les républicains font en effet bloc autour de lui et disposent de la majorité. Les maths sont implacables : avec 47 voix sur 100, les démocrates ont besoin de 20 républicains pour atteindre la majorité des deux tiers nécessaire à condamner – et destituer – un président, un scénario nucléaire qui ne s’est jamais produit.

Des surprises ne sont cependant pas exclues. La semaine prochaine, les démocrates devraient déposer une motion pour convoquer des témoins qu’ils n’ont pas pu entendre à la Chambre, comme l’ex-conseiller de la Maison Blanche John Bolton et le chef de cabinet de Donald Trump, Mick Mulvaney. Pour être approuvée, la motion n’aura besoin que d’une simple majorité de 51 voix – et donc du renfort de quatre sénateurs républicains. Plusieurs, dont Mitt Romney, ont indiqué qu’ils y étaient favorable.

Témoins et nouveaux documents

En plus des témoins, les démocrates chercheront également à faire admettre de nouvelles preuves à leur dossier, notamment une série de documents publiés cette semaine liés à la mission de l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, en Ukraine. Pendant plusieurs mois, ce dernier a cherché à dénicher des informations compromettantes sur Joe Biden et son fils. Il a notamment sollicité une rencontre avec le président Zelensky. Dans une lettre officielle, il dit avoir agi dans son rôle « d’avocat personnel » de Donald Trump, affirmant que le locataire de la Maison Blanche était « au courant » et avait « approuvé » sa requête.

Ces révélations mettent à mal la défense de Donald Trump, qui a affirmé que son avocat avait agi de son propre chef. Cela suffira-t-il à convaincre un ou deux dissidents républicains de voter en faveur de la destitution du président américain, ternissant ainsi son acquittement ? Verdict attendu d’ici deux à cinq semaines.