Canal de Panama : Une surtaxe devra désormais être payée pour traverser en raison de la sécheresse

PENURIE D'EAU La décision vise à limiter le nombre de transports maritimes dans ce passage, qui souffre d’une importante évaporation d’eau

20 Minutes avec agences

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Un cargo à l'entrée du Canal de Panama, en janvier 2014
Un cargo à l'entrée du Canal de Panama, en janvier 2014 — Rodrigo Arangua AFP

Les navires qui emprunteront le Canal de Panama devront dorénavant payer une surtaxe visant à compenser la pénurie d’eau alimentant la voie transocéanique à cause des sécheresses à répétition et du réchauffement climatique, a annoncé lundi l’administrateur du canal, Ricaurte Vasquez.

Les navires de plus de 38,1 mètres de long et 27,7 mètres de large devront payer un forfait additionnel de près de 8.900 euros à partir du 15 février. Ces bâtiments devront en outre payer une surtaxe variable de 1 % à 10 % du coût du péage normal en fonction du niveau du lac Gatun, principale source d’alimentation en eau du Canal.

Un déficit des pluies de 20 % en 2019

« Le phénomène que nous constatons en ce qui concerne les pluies et la hausse des températures qui augmente l’évaporation dans les lacs nous a conduits à prendre ces mesures », a expliqué Ricaurte Vasquez lors d’une conférence de presse. Ces hausses tarifaires vont provoquer « une réduction du trafic », a reconnu l’administrateur du Canal de Panama. « En définitive, ce sont les forces du marché qui vont emporter la décision de passer ou non par le canal », a-t-il ajouté.

Le bassin hydrographique du Canal de Panama a subi en 2019 un déficit des pluies de 20 % par rapport à la moyenne des précipitations relevées au cours des 70 dernières années. De son côté, le niveau du lac Gatun est inférieur à la moyenne, ce qui risque de compromettre le niveau requis dans le canal alors que la saison sèche va se poursuivre au Panama encore pour plusieurs mois.

L’année dernière, le Canal a dû fonctionner avec 3 milliards de mètres cubes d’eau, contre les 5,2 milliards de mètres cubes normalement requis. Selon l’Autorité du Canal de Panama, 3,5 % du commerce mondial passe par la voie transocéanique, utilisée surtout par les États-Unis, la Chine et le Japon.

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