Au Parlement européen, Carles Puigdemont dénonce l’absence d’un eurodéputé détenu en Espagne

CRISE Oriol Junqueras, vice-président indépendantiste emprisonné en Espagne, s’est vu retirer son mandat de député européen

20 Minutes avec AFP

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Carles Puigdemont, le 19 décembre 2019 à Bruxelles en Belgique.
Carles Puigdemont, le 19 décembre 2019 à Bruxelles en Belgique. — Aris Oikonomou / AFP

C’est la première fois qu’il entre au Parlement européen. A Strasbourg ce lundi, l’ancien président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, venu prendre son siège d’eurodéputé, a jugé que l’Espagne « ne respecte plus l’Etat de droit » de l’Union européenne.

« La crise catalane a un impact direct sur les fondements de l’Union européenne (…) C’est le moment que l’Union européenne s’engage », a déclaré Carles Puigdemont, en critiquant l’absence d’Oriol Junqueras, le vice-président indépendantiste emprisonné en Espagne, à qui le Parlement européen a retiré son mandat d’eurodéputé.

Sédition et détournement de fonds

« Si l’Union européenne était vraiment un espace d’union, de liberté et de droit, aujourd’hui Oriol Junqueras devrait être avec nous, parce qu’il a le même droit que nous, il a reçu plus d'un million de voix. Mais cette liberté n’est pas respectée », a-t-il déploré au cours d’un point de presse avec Toni Comin, également élu député européen et qui comme lui a fui à Bruxelles pour échapper à la justice espagnole après la tentative de sécession de la Catalogne en 2017.

Resté en Catalogne, Oriol Junqueras, ancien numéro deux du gouvernement catalan et membre d’un autre parti indépendantiste que Puigdemont, a été condamné en octobre à treize ans de prison et d’inéligibilité pour sédition et détournement de fonds. En décembre, la Cour de justice de l’UE, saisie par l’Espagne, avant sa condamnation, avait estimé qu’il bénéficiait d’une immunité depuis le jour de son élection au Parlement européen. Mais le 3 janvier, la Commission électorale espagnole lui a retiré son mandat de député européen. Cette décision a été confirmée jeudi par la Cour suprême à Madrid et le Parlement européen lui a retiré son mandat vendredi.

Immunité parlementaire

Jamais condamnés en Espagne, où ils ne sont pas retournés depuis 2017, Carles Puigdemont et Toni Comin se sont basés sur cette reconnaissance d’immunité pour venir pour la première fois occuper leur siège d’eurodéputé lors d’une session plénière. Un juge espagnol a demandé vendredi au Parlement européen de suspendre leur immunité. Les deux élus indépendnatistes sont par ailleurs sous le coup d'un mandat d'arrêt. « Je n’ai pas peur d’être extradé par les autorités françaises », a affirmé Carles Puigdemont.

Les deux élus ont été accueillis à leur arrivée devant le bâtiment par quelques centaines de partisans indépendantistes, agitant des drapeaux catalans. « C’est un jour de célébration et de revendication », a déclaré l'actuel président de la Catalogne, Quim Torra, venu spécialement à Strasbourg.