Niger : L’armée subit ses plus lourdes pertes à Chinégodar avec 89 soldats tués

ATTAQUE Le bilan meurtrier est annoncé à la veille du sommet qui réunira à Pau cinq chefs d’Etat du Sahel et le président français Emmanuel Macron

20 Minutes avec AFP

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Des soldats en marge de la cérémonie d'hommage militaire aux victimes de l'attaque d'Inates, à Niamey, le 22 décembre 2019.
Des soldats en marge de la cérémonie d'hommage militaire aux victimes de l'attaque d'Inates, à Niamey, le 22 décembre 2019. — LUDOVIC MARIN / AFP

Le Niger a subi jeudi la pire attaque de son histoire avec 89 soldats tués à Chinégodar (ouest, sur la frontière malienne), selon un nouveau bilan annoncé dimanche. « Après ratissage, le bilan s’établit de la façon suivante. Côté ami : 89 morts. Côté ennemi 77 morts », a affirmé dans la soirée à la radio publique Zakaria Abdourahame, le porte-parole du gouvernement en lisant un communiqué. Un deuil national de 72 heures a été décrété à partir de lundi.

Un bilan qui s’alourdit

Le précédent bilan annoncé jeudi faisait état de la mort de 25 soldats et de 63 « terroristes ». Cette attaque, la pire subie au Niger depuis le regain des actions djihadistes en 2015, est survenue un mois après celle d’Inates le 10 décembre, dans la même région de Tillabéri, qui avait couté la vie à 71 soldats. Revendiquée par le groupe Etat islamique, l’attaque d’Inates, qui était la plus meurtrière jusqu’à jeudi, avait traumatisé le pays. Le modus operandi des deux attaques est le même avec l’utilisation de motos et véhicules transportant des combattants armés puis une fuite vers le Mali.

Ce nouveau bilan est annoncé à la veille du sommet de Pau, dans le sud-ouest de la France, qui va réunir à l’initiative du président français Emmanuel Macron, les chefs d’Etat des cinq pays du G5-Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) pour renforcer la légitimité contestée des militaires français déployés sur la zone et mobiliser les alliés européens.

Trouver une meilleure efficacité

Le sommet doit aussi aborder la coordination entre les pays de la région et tenter de trouver une meilleure efficacité dans la lutte contre les groupes djihadistes. Le sommet avait été reporté de décembre à janvier notamment en raison de l’attaque d’Inates. Le président français s’était d’ailleurs rendu à Niamey pour un hommage aux soldats nigériens tués, à son retour d’une visite en Côte d’Ivoire avant Noël.

Tout le Sahel – en particulier le Mali, le Niger et le Burkina –, est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

L’attaque de jeudi était la première menée contre le camp de Chinégodar, un village nigérien situé à 10 km de la frontière malienne, dans la région de Tillabéri (ouest) souvent visée par des attaques djihadistes. Les médias officiels nigériens rappelaient vendredi que le ministre nigérien de la Défense Issoufou Katambé s’était rendu à Chinégodar la semaine dernière en vue « de remonter le moral de la troupe ».

Intervention de Mirages français

Un état d’urgence censé prévenir les incursions djihadistes récurrentes est en vigueur dans la région. Les autorités de Tillabéri ont aussi décidé « d’interdire la circulation de motos, de nuit comme de jour » dans plusieurs localités, y compris dans la ville de Tillabéri, la capitale régionale. Le 25 décembre, 14 militaires ont aussi été tués dans une attaque « terroriste » dans la commune de Sanam, également dans la région de Tillabéri.

Jeudi, des Mirages français sont intervenus à Chinégodar. Selon un communiqué de Barkhane vendredi, « une patrouille de Mirage 2000 est intervenue en appui des forces armées nigériennes en réalisant un show of force (survol en basse altitude) qui s’est avéré déterminant pour mettre les terroristes en fuite ».

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait annoncé le 22 décembre, lors de la visite d’Emmanuel Macron, que les pays du Sahel et la France lanceraient « un appel à la solidarité internationale » durant le sommet de Pau.