Madelyn Dunham, la «grand-mère blanche» d'Obama, est morte

USA 2008 Décédée la veille de l'élection présidentielle, la grand-mère maternelle de Barack Obama «proférait des clichés raciaux ou ethniques»... Lire son portrait.

Avec agence

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Barack Obama pendant sa jeunesse, entouré de ses grands-parents maternels, qui l'ont élevé avec sa mère quand son père est parti.
Barack Obama pendant sa jeunesse, entouré de ses grands-parents maternels, qui l'ont élevé avec sa mère quand son père est parti. — Reuters

Madelyn Dunham, la grand-mère de Barack Obama qui vient de mourir à l'âge de 86 ans, a joué un rôle considérable dans la vie du candidat à l'élection présidentielle américaine, qu'elle a élevé dans les valeurs traditionnelles de l'Amérique blanche.

Même si elle n’a pas participé à la campagne de son petit-fils, celui-ci lui a souvent rendu hommage. «C'est elle qui m'a appris ce que signifie travailler dur», a-t-il lancé fin août, dans son discours solennel devant la convention démocrate qui venait de l'adouber pour la course à la Maison Blanche.

Madelyn Dunham est à la fois celle qui l’a élevé à partir de ses 10 ans et celle qui lui a fait découvrir que le racisme existe, au sein même de sa famille.

Drogue, alcool... les incartades combattues par «Toot»

D'après David Mendell, auteur de la biographie «Obama: from promise to power», Madelyn Dunham avait vu d'un mauvais oeil en 1960 le mariage d'Ann à un Kényan venu faire ses études dans l'île, à une époque où les unions inter-raciales étaient encore interdites dans plusieurs Etats américains.

Peu après, le père, Barack Obama Senior, quittait le domicile familial quand son fils n'avait que 2 ans. Divorcée, puis remariée à un Indonésien, Ann partait s'installer à Djakarta, où le jeune Barack a grandi jusqu'à l'âge de 10 ans.

Ils s’installent alors à Hawaii, et ses grands-parents financent les études secondaires d’Obama dans une école privée fréquentée par l'élite blanche.

Dans son autobiographie, «Les Rêves de mon père» (1995), le futur candidat raconte qu'il a découvert pendant l'adolescence l'abus d'alcool et de drogue, autant d'incartades combattues par sa grand-mère, surnommée «Toot», chez qui il restera jusqu'à son départ pour l'université à Los Angeles en 1979.

«Peur d’être importunée par un noir»

C'est aussi à cette époque qu'il découvre que le racisme existe au sein même de sa famille, comme il le raconte dans son autobiographie. Son grand-père lui confie un jour que si sa grand-mère refuse de prendre l'autobus pour se rendre au travail, c'est parce qu'elle a peur d'être importunée par un mendiant noir.

«C'est ça qui la dérange», ajoute le grand-père. Cet aveu «m'a fait l'effet d'un coup de poing dans le ventre», écrira Obama.

«Je ne peux renier ma grand-mère blanche»

Le candidat n'en a pas moins appelé sa grand-mère à la rescousse en début d'année après avoir été mis en cause pour ses relations avec son pasteur, Jeremiah Wright, auteur de propos incendiaires envers l'Amérique blanche.

«Je ne peux pas plus le renier que je ne peux renier ma grand-mère blanche», a-t-il lancé dans un discours, évoquant «une femme qui a avoué une fois sa peur de croiser des noirs dans la rue et qui, à plus d'une occasion, a proféré des clichés raciaux ou ethniques qui m'ont hérissé».

Barack Obama a perdu son père en 1982 et sa mère en 1995.