RDC: un émissaire nommé pour régler la crise

CONFLIT Jusqu'à 100.000 déplacés dans le Nord-Kivu, dont 60% d'enfants...

Avec agence

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Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) se prépare à l'arrivée de 30.000 nouveaux déplacés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) en raison des combats qui font rage dans le Nord Kivu, a annoncé mardi l'agence onusienne.
Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) se prépare à l'arrivée de 30.000 nouveaux déplacés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) en raison des combats qui font rage dans le Nord Kivu, a annoncé mardi l'agence onusienne. — Walter Astrada AFP

Un couvre-feu a été décrété ce lundi à Goma, menacée par les rebelles postés à une quinzaine de kilomètres. Le mandat des casques bleus prévoit d'«interdire à des forces armées d'entrer dans Goma», capitale de la province du Nord-Kivu (est) en République démocratique du Congo.

Par ailleurs, le président de la Commission de l'Union Africaine, Jean Ping, a décidé de nommé un «émissaire» pour la crise en République démocratique du Congo (RDC) qui doit se rendre à Kinshasa dès mercredi.

Jusqu'à 100.000 personnes, dont 60% d'enfants, ont été déplacées la semaine dernière dans la province du Nord-Kivu, a annoncé lundi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Depuis mercredi, au terme d'une offensive éclair contre l'armée congolaise en déroute, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du chef rebelle congolais Laurent Nkunda s'est positionné à une quinzaine de kilomètres de Goma, avant de décréter un «cessez-le-feu unilatéral».

Pas de négociations directes avec les rebelles

Malgré les menaces de Laurent Nkunda de renverser le pouvoir, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) refuse de négocier directement avec la rébellion. Il «lance la guerre», a déclaré lundi à l'AFP Bertrand Bisimwa, porte-parole du mouvement rebelle.

Celui-ci n'a cependant pas entravé la progression du convoi humanitaire, arrivé ce lundi dans la zone contrôlée par le groupe armé.

«Le fait de créer un désastre humanitaire ne donne pas de droits spéciaux», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, en référence aux autres groupes armés qui opèrent dans la province du Nord-Kivu.

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Tous ces groupes avaient signé, en janvier, un accord prévoyant notamment un cessez-le-feu. C'est seulement dans le cadre de ce processus, aujourd'hui au point mort, que le gouvernement est prêt à discuter, a expliqué Lambert Mende.

Les rebelles du CNDP du général déchu tutsi congolais, Laurent Nkunda, affirment de leur côté se battre pour protéger la communauté congolaise tutsie contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Les rebelles prêts à rencontrer les humanitaires


Ces dernières semaines, de violents combats ont durement touché la région du Nord-Kivu. La situation humanitaire y est catastrophique, avec plus d'un million de personnes déplacées par les affrontements. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, réfugiées dans des camps de déplacés, ont fui alors que les combats s'intensifiaient. Elles sont actuellement dispersées dans les forêts et les villages alentour.

Un convoi humanitaire, transportant du matériel médical et de l'eau, a traversé ce lundi la ligne de front et le territoire tenu par les combattants de Laurent Nkunda. Les observateurs racontent que, sur la route, les rebelles postés à plusieurs endroits ont laissé passer les véhicules.

Les personnels des agences de l'ONU, dont Ocha et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), ainsi que de l'organisation non-gouvernementale britannique Merlin, souhaitent évaluer la possibilité de venir en aides aux déplacés. Mbera Castro, porte-parole du CNDP à Rutshuru, s'est dit prêt à rencontrer les humanitaires.