Bolivie: Enquêtes pour corruption contre Morales et près de 600 autres responsables

REPRISE EN MAIN Alors que des élections générales sont prévues le 3 mai, les premières conclusions des enquêtes seront rendues publiques en avril

20 Minutes avec AFP

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La présidente par interim de Bolivie, Jeanine Anez, le 28 novembre 2019 à La Paz avec des membres de son gouvernement.
La présidente par interim de Bolivie, Jeanine Anez, le 28 novembre 2019 à La Paz avec des membres de son gouvernement. — Juan Karita/AP/SIPA

La purge continue en Bolivie. Le gouvernement intérimaire a annoncé mercredi l’ouverture d’enquêtes pour corruption contre d’anciens membres de l’exécutif et responsables d’entreprises publiques sous la présidence de Evo Morales. « Il a été décidé de lancer des enquêtes contre 592 anciens responsables de l’exécutif du précédent gouvernement », a déclaré Mathias Kutsch, directeur de l’unité de Lutte contre la corruption au ministère de la Justice. « Il s’agit d’identifier qui sont les personnes qui ont commis des délits de corruption, ont détourné de l’argent public et l’ont transféré à l’étranger », a-t-il ajouté.

Le mandat d’arrêt international contre Morales activé

Selon Mathias Kutsch, les procédures visent « le président (Evo Morales), le vice-président (Alvaro Garcia), les anciens ministres et vice-ministres, chefs de cabinet » et responsables « actuellement réfugiés à l’étranger ». Outre l’ex-chef de l’Etat, réfugié en Argentine, de nombreux anciens membres de l’exécutif ont pris le chemin de l’exil. Une dizaine d’entre eux, dont l’ex-bras droit de Evo Morales, Juan Ramon Quintana, ont trouvé refuge dans la résidence diplomatique mexicaine à La Paz.

Parallèlement, le ministre de l’Intérieur, Arturo Murillo, a annoncé que les autorités boliviennes avaient demandé l’activation d’un « mandat d’arrêt international » contre l’ancien président pour l’empêcher de participer à un forum sur les droits de l’homme au Chili. Evo Morales (2006-2019) est sous le coup, depuis le 18 décembre, d’un mandat d’arrêt émis par le parquet bolivien, dans le cadre d’une enquête pour sédition et terrorisme.

Mathias Kutsch a indiqué que les premières conclusions des enquêtes pour corruption seraient rendues publiques en avril. De nouvelles élections générales en Bolivie sont prévues le 3 mai.