Etats-Unis : La Chambre vote pour brider l’action militaire de Trump contre l’Iran

HOUSE OF CARDS Un texte sera présenté la semaine prochaine au Sénat mais ces résolutions n’ont pas valeur de loi et sont avant tout symbolique

20 Minutes avec AFP

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La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, le 8 janvier 2020.
La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, le 8 janvier 2020. — : J. Scott Applewhite/AP/SIPA

Nancy Pelosi a fait passer son message. La Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, a adopté jeudi une résolution pour limiter le pouvoir de Donald Trump de lancer des opérations militaires contre l'Iran, un texte largement symbolique mais embarrassant pour le président américain. La donne sera plus compliquée au Sénat, même si deux républicains pourrait voter avec les démocrates.

Exhortant Donald Trump à «mettre fin» à toute action militaire contre l'Iran faute d'accord du Congrès, la résolution a été adoptée par 224 voix pour, et 194 contre. Fait marquant, trois républicains ont toutefois soutenu la résolution à la Chambre, malgré les appels de Donald Trump à faire bloc contre. Prenant soin de souligner que la résolution «ne critique pas le président», Matt Gaetz, d'ordinaire grand défenseur de Donald Trump, a expliqué son vote en se disant contre une «nouvelle guerre éternelle au Moyen-Orient».

«Une fraction de seconde»

«Je n'ai pas l'obligation» de solliciter le Congrès avant d'ordonner d'éventuelles nouvelles frappes, s'était plus tôt indigné le milliardaire depuis la Maison Blanche. Les démocrates ne décolèrent pas depuis la frappe américaine qui a tué un puissant général iranien, Qassem Soleimani, la semaine dernière, suivie de frappes de missiles iraniens mercredi sur des bases utilisées par l'armée américaine en Irak.

Nancy Pelosi accuse Donald Trump d'avoir, pour éliminer Soleimani, mené une opération «disproportionnée et provocatrice» sans «consulter le Congrès», seul habilité à déclarer la guerre selon la Constitution. En meeting de campagne à Toledo, dans l'Ohio, le milliardaire républicain a longtemps ironisé sur l'initiative démocrate qui souhaite le contraindre à «demander la permission du Congrès». «Il nous fallait trancher, nous n'avions pas le temps d'appeler Nancy (Pelosi) dont le cerveau fonctionne par intermittence», a-t-il lancé, moqueur, sous les applaudissements et les rires.

Ça s'annonce serré au Sénat

Les regards se tournent désormais vers le Sénat, contrôlé par les républicains (53-47), où une résolution similaire pourrait être soumise au vote dès la semaine prochaine. Si deux républicains ont déjà déclaré qu'ils la soutiendraient, il semble toutefois encore difficile que le texte soit adopté par la chambre haute, où le soutien au milliardaire reste solide. Il faudrait la défection de deux sénateurs supplémentaires (car en cas d'égalité 50-50, c'est le vice-président Mike Pence qui serait amené à trancher).

Mme si la résolution franchissait les deux étapes du Congrès, elle n'aurait pas valeur de loi. Il ne s'agit que d'un «vote spectacle», a donc taclé le chef de la minorité républicaine, Kevin McCarthy. Les démocrates n'ont en effet pas voulu présenter une loi contre laquelle Donald Trump aurait mis son veto (car il faut deux tiers du Congrès pour outrepasser un veto). La résolution permet surtout aux élus de faire entendre leur voix.