A J-1, tout le monde retient son souffle

USA 2008 . Prédicateurs et commentateurs de tout poil s'affolent. De fait, le candidat démocrate Barack Obama, qui cara...

Armelle Le Goff - ©2008 20 minutes

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afp.com

Evidemment, plus on approche du jour du scrutin américain, plus les écarts se resserrent, et les sondages semblent tout à coup moins fiables. Prédicateurs et commentateurs de tout poil s'affolent. De fait, le candidat démocrate Barack Obama, qui caracolait en tête des sondages nationaux la semaine dernière, semble se faire rattraper par le républicain John McCain. En revanche, Etat par Etat, là où se joue l'élection, le sénateur de l'Illinois garde l'avantage.

Bien sûr, le nombre de grands électeurs considérés comme lui étant acquis s'est quelque peu tari ; de plus de 300, on est passé à 291, selon le site Real Clear Politics (RCP)*. Obama conserve néanmoins une avance moyenne de cinq points dans l'Ohio, le Colorado, le Nevada, la Floride et la Virginie. Dans l'Indiana et le Missouri, où George W. Bush l'avait emporté en 2004, il vient même grignoter sur l'avance de McCain. « Il continue à avoir l'avantage », considère Roger Persichino, auteur des Elections présidentielles aux Etats-Unis (éd. FolioActuel).

«Effet Bradley»

Le doute persiste pourtant. Et si les sondages avaient tout faux ? Et si le fameux « effet Bradley », qui veut que les sondés n'osent pas avouer lors de l'enquête que dans l'isoloir ils ne voteront pas pour le candidat noir, n'avait pas été suffisamment pris en compte ? « Bien sûr, cette élection, qui devrait voir une plus grande participation de groupes habituellement plus abstentionnistes, les 18-30 ans et les Afro-Américains, est compliquée à analyser. Mais une erreur comme le fait d'attribuer la Floride aux démocrates en 2000 reste rare », affirme Roger Persichino.

La police dirait même craindre des émeutes.

Tout de même, si Obama perdait l'élection ? D'après The Hill, la blogosphère démocrate bruisserait d'appels à la désobéissance civile en cas de victoire de McCain. Dans certaines villes, comme Oakland, Detroit ou Chicago, la police dirait même craindre des émeutes. Un scénario qui convainc peu Roger Persichino « dans un pays où la contestation s'exprime surtout par voie judiciaire, même si des tensions sporadiques ne sont pas exclues ».

Au sein du staff Obama, la perspective est carrément hors de propos. Ainsi, ce week-end, David Plouffe, directeur de la stratégie électorale du candidat, a annoncé le lancement de publicités télévisées... en Arizona, le fief de McCain. Preuve que pour l'équipe démocrate, désormais, on peut aussi se permettre de faire dans le superflu. « Obama récolte les fruits d'une campagne extrêmement fine tactiquement, tant au niveau du financement de sa campagne, que de la mobilisation des électeurs. Par exemple en Virginie, quand McCain a 19 bureaux de partisans, Obama en a plus de 70, c'est aussi là-dessus que se joue l'élection », souligne Roger Persichino.