VIDEO. Iran: Une majorité d’Iraniens et de Canadiens tuée dans le crash de l’avion ukrainien

DEUILS Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, exige une enquête approfondie pour comprendre les causes de la catastrophe aérienne

20 Minutes avec AFP

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A l'aéroport de Kiev Boryspil, des portraits des membres de l'équipage le 8 janvier 2020.
A l'aéroport de Kiev Boryspil, des portraits des membres de l'équipage le 8 janvier 2020. — Efrem Lukatsky/AP/SIPA

Des étudiants, des enfants, des nouveaux mariés : 176 personnes, en majorité des Iraniens et des Canadiens, sont mortes mercredi à Téhéran dans le crash toujours inexpliqué d’un avion de ligne ukrainien. Selon la diplomatie ukrainienne, se trouvaient à bord du Boeing 82 Iraniens, 63 Canadiens, dix Suédois, quatre Afghans et trois Britanniques. Onze autres étaient Ukrainiens, dont les neuf membres d’équipage.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a réclamé une « enquête approfondie » sur cette catastrophe aérienne, la plus meurtrière impliquant des Canadiens depuis l’attentat contre un Boeing 747 d’Air India en 1985, dans lequel 268 Canadiens avaient trouvé la mort. « Les Canadiens ont des questions à poser, et ils méritent d’obtenir des réponses », a-t-il martelé.

Le président ukrainien met en garde contre toute « spéculation »

Les Etats-Unis ont de leur côté appelé à la « pleine coopération avec toute enquête sur les causes », un avertissement à peine voilé à l'Iran, qui a dit refuser de donner les boîtes noires au constructeur américain de l’appareil, Boeing. La catastrophe du 737 de la compagnie privée Ukraine International Airlines (UIA) intervient peu après le tir de missiles par Téhéran visant les troupes américaines en Irak. Rien n’indique cependant que ces événements sont liés et le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde contre toute « spéculation ».

Le vol PS752 d’UIA avait décollé à 06H10 de l’aéroport Imam Khomeiny de Téhéran en direction de l’aéroport Boryspil de Kiev, disparaissant des radars deux minutes après. Il s’est écrasé peu après le décollage sur des terres agricoles à environ 45 km au nord-ouest de l’aéroport, selon des médias iraniens. Des images amateurs diffusées par les médias d’Etat iraniens montrent l’avion en flammes perdre de l’altitude puis exploser à son impact au sol. Un expert aéronautique et professeur à l’Université de Tampere en Finlande, Stephen Wright, a dit douter que l’avion ait été abattu.

Au Canada, qui accueille une importante diaspora iranienne, une trentaine des victimes venait de la région d’Edmonton (ouest). « Nous avons perdu environ 1 % de notre communauté sur ce vol », s’est désolé un membre de la communauté iranienne locale. Parmi les victimes, se trouvaient « un couple de jeunes mariés, une famille de quatre personnes, une mère et ses deux filles, des étudiants brillants, des universitaires dévoués », a précisé Justin Trudeau.

Au moins 25 passagers avaient moins de 18 ans

A l’aéroport de Kiev Boryspil, en Ukraine, des dizaines de personnes rendaient un dernier hommage aux membres de l’équipage tués dans le crash, devant leurs photos alignées derrière des bougies sur des bureaux couverts de fleurs. « Je les connaissais tous », confie, la voix rauque, Artem, un pilote de la même compagnie, qui affirme les avoir vus avant leur départ pour Téhéran.

Selon la liste des passagers du vol, au moins 25 d’entre eux avaient moins de 18 ans. Treize personnes étaient des étudiants de l’université Sharif de Téhéran, une des plus prestigieuses du pays, selon l’agence d’information semi-officielle Isna.

Selon UIA, qui a suspendu ses vols vers Téhéran, le Boeing 737, construit en 2016, avait subi il y a deux jours un contrôle technique. C’est le premier crash meurtrier de cette compagnie aérienne appartenant en partie au sulfureux oligarque Igor Kolomoïski, réputé proche du président Zelensky. Ce dernier, qui a interrompu ses vacances à Oman en raison de la catastrophe, a ordonné l’ouverture d’une enquête, avant d’annoncer dans la soirée le départ pour Téhéran d’enquêteurs ukrainiens.

Boeing, touché par un scandale autour de ses 737 MAX cloués au sol depuis 10 mois, a indiqué être « prêt à aider par tous les moyens nécessaires ». Seuls quelques pays, dont les Etats-Unis mais aussi l’Allemagne ou la France, ont les capacités techniques d’analyser les boîtes noires.