Brexit : Ursula von der Leyen prédit des négociations « dures » avec le Royaume-Uni

LONG LONG LONG Une fois le divorce acté, reste à définir la future relation entre l’Union européenne et Londres

20 Minutes avec AFP

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Ursula von der Leyen est présidente de la Commission européenne depuis le 1er décembre 2019.
Ursula von der Leyen est présidente de la Commission européenne depuis le 1er décembre 2019. — Virginia Mayo/AP/SIPA

Boris Johnson les veut rapides mais la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen les prédit « dures » : le Royaume-Uni et l’Union européenne posent mercredi les jalons de leurs négociations à venir sur l’après Brexit. Prévue dans l’après-midi à Londres, l’entrevue entre les deux dirigeants est la première depuis la prise de fonction le mois dernier d’Ursula von der Leyen et depuis la victoire électorale écrasante du chef de gouvernement conservateur sur la promesse de sortir le Royaume-Uni de l’UE le 31 janvier.

Une fois sorti du giron européen, après quarante-sept ans d’une vie commune mouvementée, s’ouvrira pour le Royaume-Uni une période de transition jusqu’à fin 2020, censée permettre une séparation en douceur, durant laquelle les Britanniques continueront d’appliquer les règles européennes et d’en bénéficier – sans siéger dans les institutions européennes ni avoir leur mot à dire sur les décisions. Avant que ne débutent les négociations devant déterminer les relations entre Londres et les 27 à l’issue de cette période, les deux parties montrent les muscles.

Premier rendez-vous

Avant de se rendre à Downing street, la cheffe de l’exécutif européen a donné le ton. « Il y aura des discussions dures » et il sera impossible de s’accorder sur « tous les aspects », sans extension des négociations au-delà de la fin 2020, le délai actuellement imparti, a-t-elle averti. « Nous devons choisir des priorités », a-t-elle ajouté lors d’un discours, tout en assurant que l’UE était « prête à travailler nuit et jour », et appelant à l’optimisme.

Boris Johnson devrait quant à lui « souligner l’importance d’approuver une relation future de confiance et positive d’ici à la fin décembre 2020 », ont indiqué ses services de presse dans un communiqué. L’accord de divorce conclu entre Londres et Bruxelles prévoit que la période de transition puisse être prolongée jusqu’à deux ans si les parties n’arrivent pas à conclure, dans ce laps de temps, le complexe accord qui régira leur relation commerciale sur le long terme. Mais Boris Johnson l’exclut fermement.

Macron veut que Johnson soit « flexible »

L’UE est prête à « concevoir un nouveau partenariat avec zéro droit de douanes, zéro quotas, zéro dumping », a déclaré mercredi Ursula von der Leyen. « Sans concurrence équitable en matière d’environnement, de travail, de fiscalité et d’aides d’état, vous ne pouvez pas avoir un accès de la plus haute qualité au plus grand marché commun du monde », a-t-elle averti.

Emmanuel Macron avait auparavant estimé que Boris Johnson devrait faire preuve de « flexibilité » tandis que le commissaire européen Thierry Breton qui a averti que l’UE serait « intransigeante » avec le Royaume-Uni qui devra « pour accéder au marché unique européen (…) respecter toutes (ses) règles ». Outre un accord de libre-échange, l’UE et le Royaume-Uni prévoient de s’entendre sur les questions internationales et de sécurité.

Parmi les sujets d’inquiétude du côté de l’UE, les droits de ses ressortissants au Royaume-Uni après le Brexit. Selon le Daily Telegraph, le négociateur européen Michel Barnier a insisté sur la nécessité d’un organisme indépendant pour recueillir les plaintes contre le gouvernement, dans une lettre au ministre du Brexit Steve Barclay, envoyée avant Noël. Les deux hommes prendront également part à la rencontre entre Ursula von der Leyen et Boris Johnson.