Conférence de Carlos Ghosn : « Je pourrais me présenter à un procès, n’importe où, du moment qu’il est équitable »

LIVE Revivez la conférence de presse de Carlos Ghosn, dix jours après sa fuite rocambolesque du Japon

Manon Aublanc

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Carlos Ghosn lors de sa conférence de presse, le 8 janvier 2020, au Liban.
Carlos Ghosn lors de sa conférence de presse, le 8 janvier 2020, au Liban. — JOSEPH EID / AFP

L’ESSENTIEL

  • Accusé d’avoir minoré une partie de ses revenus, Carlos Ghosn avait été arrêté au Japon le 19 novembre 2018. Dans l’attente de son procès, l’ancien PDG de Renault-Nissan a été assigné à résidence en avril 2019, après 130 jours en prison.
  • Dans la nuit du 29 au 30 décembre, Carlos Ghosn, détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne, a fui le Japon pour le Liban, dans des conditions qui restent encore floues.
  • Le Japon a émis un mandat d’arrêt international à l’encontre de Carlos Ghosn.
  • Le magnat déchu de l’automobile a donné, ce mercredi, une conférence de presse depuis Beyrouth devant 150 journalistes, sa première apparition publique depuis sa fuite rocambolesque.

A LIRE AUSSI

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16h47 : Les critiques de Carlos Ghosn sont « inacceptables » pour la justice japonaise

Le parquet de Tokyo a immédiatement réagi dans la nuit de mercredi à jeudi au Japon aux violentes critiques émises par Carlos Ghosn contre la justice japonaise lors de sa conférence de presse au Liban, les jugeant « unilatérales » et « inacceptables ».

« Les allégations du prévenu Ghosn font abstraction de sa propre conduite et ses critiques unilatérales du système de justice pénale du Japon sont totalement inacceptables », ont écrit les procureurs dans un communiqué mis en ligne, une démarche rare de la part du parquet de Tokyo.

16h25 : La conférence de presse est terminée

Après une heure de discours et près d’une heure et demie de question, la conférence de presse de Carlos Ghosn est désormais terminée.

16h13 : « Je n’ai rien à me reprocher », affirme Carlos Ghosn sur son changement de résidence fiscale

Interrogé sur son changement de résidence fiscale en 2012, Carlos Ghosn a affirmé qu’il n’avait rien à se reprocher. « Je n’ai rien à me reprocher. (…) Pour changer de résidence fiscale en 2012 je me suis bien sûr adressé à l’administration fiscale. Il y a eu un contrôle fiscal et on m’a dit 'vous pouvez faire ce que vous voulez' ». Depuis, « la loi a changé », a rappelé Carlos Ghosn, « mais en 2012 je ne l’ai pas fait en catimini, j’ai eu un fiscaliste qui l’a fait et qui a obtenu toutes les autorisations », a-t-il précisé.

16h09 : « Si la justice française demande à me parler, je me présenterai à la justice française »

Interrogé sur une éventuelle convocation de la justice française, Carlos Ghosn confirmé qu’il s’y rendrait : « Si la justice française demande à me parler, je me présenterai à la justice française », a expliqué Carlos Ghosn, qui a toutefois précisé ne pas avoir reçu aucune convocation de la part de la justice française.

16h : « Le jour de mon arrestation en novembre 2018, c’est comme si j’étais décédé »

« Quelque part le jour de mon arrestation en novembre 2018, c’est comme si j’étais décédé. Je vivais chaque jour en me disant, finalement, j’ai eu une vie réduite. Je ne savais pas si j’allais revoir les gens que j’aime, comme si j’étais mort », explique Carlos Ghosn. « Alors quand j’ai vu que j’étais sorti, c’est comme si quelque part je revenais à la vie », a-t-il ajouté à propos de sa fuite du Japon.

15h56 : Carlos Ghosn «ne se prononce pas pour l’instant» sur la position de la France

Carlos Ghosn a été questionné sur la position de la France à son sujet. «Soutenu ? Défendu ? Lâché ? Neutre ? Je ne sais pas, je ne prononce pas pour l’instant», a-t-il expliqué. «Je ne demande pas à être au-dessus de qui que ce soit mais je ne veux pas être en dessous de qui que ce soit.»

15h52 : Carlos Ghosn précise qu’il n’a « pas démissionné » de Renault

Carlos Ghosn rappelle qu’il n’a pas démissionné de Renault : « Je me suis simplement retiré pour permettre à Renault de fonctionner normalement alors que j’étais en prison ». Interrogé sur des poursuites judiciaires contre Renault ou Nissan, Carlos Ghosn est resté flou : « Je défendrai mes droits », a-t-il répondu.

« Je n’ai pas l’intention d’abandonner mes droits envers Renault et Nissan. Je n’ai pas démissionné devant le conseil d’administration. Je crois à la justice française devant laquelle je compte les faire valoir », a-t-il ensuite ajouté.

15h49 : Les journalistes japonais « du côté du procureur »

Interrogé par un journaliste japonais sur le peu de journalistes japonais accrédités pour la conférence de presse, Carlos assure ne pas avoir « rejeté de médias japonais ». « Nous avons décidé de ne pas forcément accréditer les personnes qui sont clairement du côté du procureur », explique-t-il. « Je souhaitais avoir ici la BBC, CNN car ce sont des personnes qui représentent des médias objectifs alors que certains de vos collègues, pendant 14 mois, ont toujours présenté la situation à la faveur du procureur », ajoute-t-il.

15h42 : Le Liban, le choix le plus simple au niveau « logistique »

Interrogé sur son choix de venir au Liban, plutôt que le Brésil ou la France ses deux autres nationalités, Carlos Ghosn a expliqué que ce choix était le plus simple au niveau « logistique ». « Je fais confiance aux lois libanaises », a-t-il déclaré à propos de l’absence d’accord d’extradition entre le Japon et le Liban. « Les pratiques existantes vont être respectées au Liban », a-t-il ajouté.

15h35 : « Je pourrais me présenter à un procès, n’importe où, du moment qu’il est équitable »

« Je pourrais me présenter à un procès, n’importe où, du moment qu’il est équitable », explique Carlos Ghosn, interrogé sur un possible procès au Liban. « J’ai demandé à mes avocats à plusieurs reprises si je pouvais avoir un procès équitable, et même mes avocats ne pouvaient me le garantir » au Japon, explique-t-il. « On allait vers un procès où je n’avais presque aucune chance d’être acquitté. Imaginez vous retrouver dans une situation comme la mienne, où cela peut prendre jusqu’à plus de cinq ans, et qu’après, vous avez 99,4 % de chances d’être inculpé : cela ne vous donnera pas envie de rester au Japon », ajoute-t-il.

15h28 : Carlos Ghosn envisage de rester au Liban à « long terme »

Interrogé sur la demande d’arrestation remise au Liban par Interpol, Carlos Ghosn a répondu qu’on « peut combattre une notice rouge » d’Interpol. « Je ne me considère pas comme un prisonnier au Liban, je suis ravi d’être ici », a-t-il déclaré, expliquant être « prêt à rester sur le long terme au Liban ».

15h26 : Carlos Ghosn ne veut pas de poste politique au Liban

Interrogé sur son futur, Carlos Ghosn a assuré ne pas vouloir de poste politique au Liban, où il s’est réfugié. Mais s’il est sollicité, il pourrait accepter d’apporter son expertise, a-t-il ajouté.

15h24 : Carlos Ghosn ne s’exprimera pas sur sa fuite du Japon

« Je ne peux pas parler de ma fuite, car si je le fais je vais exposer beaucoup de personnes à des problèmes. Un jour, peut-être, vous connaîtrez la réalité. Dans vingt ans, je pourrai peut-être confirmer ou infirmer ces informations ! », explique-t-il.

15h19 : Carlos Ghosn nie avoir conclu un contrat avec Netflix

Des rumeurs circulaient depuis plusieurs jours sur un futur film ou documentaire de Netflix sur la fuite rocambolesque de Carlos Ghosn. « Aucun contrat n’a été signé avec Netflix », assure Carlos Ghosn.

 

15h16 : Une petite pause avant les questions des journalistes

La conférence de presse de Carlos Ghosn, qui a duré plus d’une heure, est terminée. Après une petite pause, l’ancien PDG de Nissan répondra aux questions des journalistes présents dans la salle.

15h07 : « J’ai quitté le Japon parce que je voulais la justice, je n’ai pas fui la justice »

« J’ai quitté le Japon parce que je voulais la justice, je n’ai pas fui la justice. La justice est la seule façon de rétablir ma réputation », affirme une nouvelle fois Carlos Ghosn.

15h04 : Carlos Ghosn fait maintenant le point sur l’alliance Renault-Nissan

« En 2017, l’alliance (Renault-Nissan-Mitsubishi) était le groupe automobile numéro 1, en croissance, rentable. Aujourd’hui, franchement, il n’y a plus d’alliance. Les revenus baissent, il n’y a plus d’innovations, et l’alliance a perdu l’occasion de s’allier avec Fiat-Chrysler ! », explique Carlos Ghosn, avant de poursuivre : « Ils voulaient tourner la page Ghosn, eh bien ils ont réussi, il n’y a plus d’alliance. Ce que l’on voit aujourd’hui, c’est une mascarade d’alliance qui n’ira pas très loin. Cela montre bien que c’est politique. Je suis innocent de tout cela et je peux le prouver ».

14h52 : Carlos Ghosn revient maintenant sur sa soirée à Versailles

Carlos Ghosn revient sur la soirée qu’il avait organisée en 2014 à Versailles, pour fêter les 15 ans de l’alliance Renault-Nissan, qui fait l’objet d’une enquête en France. « Je n’ai pas fait ça pour faire comme Louis XIV. Mais Versailles est un symbole du génie de la France », explique-t-il, ajoutant : « Tous les étrangers veulent aller à Versailles. Voilà pourquoi j’ai voulu aller là-bas, ce n’est pas parce que j’ai voulu devenir Louis XIV ou épouser Marie Antoinette, c’est ridicule ».

L’ancien PDG explique également que la salle du château de Versailles devait être mise à disposition gratuitement, en raison du mécénat de Renault pour le bâtiment historique.

14h50 : Carlos Ghosn s’en prend maintenant à Nissan

« Nissan a engagé beaucoup de gens et plus de 200 millions de dollars pour enquêter sur moi et détruire mon image », explique-t-il. Selon Carlos Ghosn, Nissan et Renault ont perdu des dizaines de millions de dollars par jour depuis 2018. « Depuis mon départ, la capitalisation de Nissan a perdu plus de 40 millions de dollars par jour, et celle de Renault plus de 20 millions d’euros par jour », ajoute-t-il.

14h43 : Carlos Ghosn revient sur le mandat d’arrêt contre sa femme

A propos du mandat d’arrêt émis ce mardi par le Japon contre la femme de Carlos Ghosn, Carole Ghosn, ce dernier évoque avec ironie « une coïncidence ». « Ils ont également émis un mandat d’arrêt à l’encontre de ma femme, pour des déclarations tenues neuf mois auparavant (…) le jour d’avant ma conférence de presse ».

« J’ai pu recevoir des visites de mes amis, de mes filles, mais pas de Carole. Pourquoi ? Si j’avais voulu manipuler des preuves, j’aurais pu le faire avec eux », poursuit Carlos Ghosn, qui affirme n’avoir vu son épouse que deux heures, en présence d’un avocat, en neuf mois.

14h40 : Carlos Ghosn accuse Nissan et le procureur japonais de « collusion »

Carlos Ghosn dénonce une « collusion » entre Nissan et le procureur japonais. « La collusion entre Nissan et les procureurs est à tous les niveaux », a-t-il déclaré. « Quand j’ai demandé à mes avocats (…) ils ont dit qu’ils craignaient que cinq ans s’écoulent peut-être au Japon avant que je n’obtienne un verdict », a-t-il ajouté. « Il n’y avait aucune chance que je sois traité équitablement. J’étais l’otage d’un pays que j’avais servi pendant 17 ans. J’ai ressuscité une compagnie », a expliqué Carlos Ghosn.

14h36 : Carlos Ghosn égrène certains noms, à l’origine du « complot », selon lui

Qui est à l’origine de ce « complot », dénoncé par Carlos Ghosn ? L’ancien PDG de Renault-Nissan cite Hiroto Saikawa, le PDG de Nissan, Hitoshi Kawaguchi, un cadre responsable de communication et des relations entre Nissan et le gouvernement japonais, puis Hidetoshi Imazu, un autre cadre de l’entreprise japonaise

« Il y a aussi d’autres personnes, les membres du conseil d’administration de Toyota qui ont facilité les liens entre Nissan et les autorités », a ajouté Carlos Ghosn. Mais il n’accusera pas de responsables japonais « pour ne pas nuire au Liban », a-t-il expliqué. « Je suis ici au Liban, je respecte l’hospitalité qu’ils ont su m’offrir et je ne vais rien dire pour ne pas les contrarier ou les mettre en difficulté. Je ne veux pas dire quelque chose qui aille à l’encontre des autorités libanaises ».

« Les seules personnes qui ne comprennent pas que c’est un complot, ce sont peut-être les Japonais », a poursuivi Carlos Ghosn.

14h33 : Carlos Ghosn dénonce ses conditions de détention au Japon

Carlos Ghosn revient sur ses 130 jours d’incarcération au Japon, avant son assignation à résidence. Le magnat automobile affirme avoir été enfermé dans « une petite cellule » avec « la lumière jour et nuit », « 30 minutes par jour pour la promenade, deux douches par semaine et l’impossibilité de parler à quelqu’un qui parle français ou anglais ».

14h26 : Carlos Ghosn pointe du doigt… la loi Florange

Selon Carlos Ghosn, l’affaire a notamment débuté à cause des performances de Nissan, « qui ont commencé à baisser au début de 2017 ». « Les performances de Nissan, malheureusement, n’étaient pas aussi bonnes que prévu », a-t-il déclaré. Pour l’ancien PDG de Renault-Nissan, la loi française dite Florange, qui a donné des droits de vote double à l’Etat français au conseil d’administration, n’a pas plu aux dirigeants de Nissan et aux autorités japonaises.

14h23 : Carlos Ghosn assure que les accusations de malversation financières à son encontre son « sans fondement »

Carlos Ghosn assure que les accusations de malversation financières à son encontre son « sans fondement », affirmant avoir été victime « d’une poignée d’individus sans scrupule ». Mais il n’accusera pas de responsables japonais « pour ne pas nuire au Liban », a expliqué Carlos Ghosn.

14h18 : Carlos Ghosn va aborder quatre points

L’ex-PDG de Nissan va découper sa conférence de presse en quatre points : pourquoi l’affaire a éclaté, comment elle a éclaté, quelles sont les quatre charges qui le visent, et comment se porte l’alliance Renault-Nissan.

14h14 : Carlos Ghosn estime qu’il n’aurait « jamais dû être arrêté »

Carlos Ghosn estime qu’il n’aurait « jamais dû être arrêté » et que les accusations portées contre lui sont « fausses ». « Mon épreuve de ces 14 derniers mois est le résultat obtenu par une poignée d’individus sans scrupules de Nissan avec le soutien du procureur de Tokyo », ajoute le magnat automobile.

« Les charges contre moi sont infondées. Pourquoi les procureurs ont-ils fait fuiter des informations fausses et dissimuler des informations disculpatoires ? Pourquoi souhaitaient-ils m’empêcher de parler pour présenter ma version des faits ? Pourquoi m’ont-ils interdit tout contact avec mon épouse ? », poursuit-il.

14h11 : « Je ne suis pas là pour raconter comment j’ai fui le Japon », déclare Carlos Ghosn

« Je ne suis pas là pour raconter comment j’ai fui le Japon », a déclaré Carlos Ghosn, affirmant se présenter devant la presse pour « laver son honneur ». « Présumé coupable », Carlos Ghosn dit n’avoir « pas eu d’autre choix » que de fuir le Japon. L’ex PDG de Nissan Carlos Ghosn a également ajouté avoir été « arraché » à sa famille et à ses proches.

14h04 : Carlos Ghosn revient sur sa détention au Japon

« J’ai attendu ce jour avec impatience depuis 400 jours, depuis que j’ai été brutalement enlevé de mon monde », débute Carlos Ghosn. « J’ai passé les 18 derniers mois à être interrogé 10 heures par jour, sans la présence d’un avocat », ajoute-t-il.

14h02 : Carlos Ghosn remercie les journalistes

Il remercie particulièrement « la presse française qui nous a rejoints ». « Aujourd’hui je suis fier d’être Libanais, c’est le seul pays qui a été à mes côtés », ajoute-t-il.

14h01 : Carlos Ghosn annonce qu’il va parler en plusieurs langues

13h54 : L’ancien patron de Renault-Nissan est accompagné de son épouse et de l’un de ses avocats

13h51 : Carlos Ghosn va prendre la parole

L’ex PDG de Renault-Nissan est arrivé au Syndicat de la Presse dans la capitale libanaise.

13h46 : La femme de Carlos Ghosn n’était « pas au courant » de la fuite de son mari

« Je n’étais au courant de rien (…) J’étais à Beyrouth avec mes enfants pour fêter Noël, quelqu’un m’a appelée pour me dire : j’ai une surprise pour toi. C’était la plus belle de toute ma vie ! », a affirmé Carole Ghosn au Parisien. « Partir était le seul choix possible alors qu’il voyait son procès reporté indéfiniment et qu’il était maintenu dans des conditions de privation de liberté visant à le déshumaniser. Carlos n’entendait pas plaider coupable pour des choses qu’il n’a pas faites », a-t-elle affirmé.

13h44 : Une conférence de presse soigneusement organisée

La conférence de presse se tient à 14 heures, heure française (15 heures, heure locale) au Syndicat de la Presse à Beyrouth, la capitale libanaise. Son équipe de communication a méticuleusement organisé le processus d’accréditation des quelque 150 journalistes autorisés à y assister.

13h37 : Bonjour et bienvenue dans ce live

Une semaine et demie après sa fuite rocambolesque du Japon, Carlos Ghosn va donner, ce mercredi à 14 heures, une conférence de presse très attendue depuis Beyrouth. Il s’agit de la première apparition publique du magnat déchu de l’automobile qui pourrait éclaircir les circonstances rocambolesques de son départ vers le Liban.