Tensions Iran-USA : L’escalade verbale s’intensifie, un retrait d’Irak pas prévu

GEOPOLITIQUE Washington a assuré mardi qu’une attaque planifiée par Soleimani était une question « de jours » mais sans fournir de preuve

20 Minutes avec AFP

— 

Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 7 janvier 2020.
Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche le 7 janvier 2020. — Alex Brandon/AP/SIPA

« Nous ne voulons pas commencer une guerre mais nous sommes prêts à en achever une. » Mardi, le chef du Pentagone, Mark Esper, a affirmé que les Etats-Unis « n’hésiteraient pas » à répondre à toute riposte de l’Iran, alors Téhéran a menacé de cibler des intérêts américains au Proche-Orient. Dans le même temps, après le cafouillage américain de la lettre annonçant un retrait d’Irak, Donald Trump a assuré qu’un retour des 6.000 soldats américains n’était pas au programme.

Lors d’une conférence de presse, le patron du Pentagone a dit s’attendre à une riposte de l’Iran après la frappe qui a éliminé le général Soleimani. Mais Mark Esper a prévenu : « Nous ne tolérons aucune attaque contre nos intérêts, notre personnel ou nos alliés ». Un peu plus tôt, lors d’une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron, le président iranien Hassan Rohani avait averti que « les intérêts américains » au Moyen-Orient étaient « en danger ».

Une attaque coordonnée par Soleimani était une affaire « de jours »

L’attaque contre des intérêts américains que le général iranien Qassem Soleimani préparait au moment où il a été tué par une frappe américaine était une question de « jours », a poursuivi Mark Esper. Alors qu’il avait les jours précédents évalué l’imminence de cette attaque en « jours, voire semaines », le ministre américain de la Défense a clarifié ses propos au cours d’une conférence de presse. « Je pense qu’il est plus juste de parler de jours, c’est sûr », a-t-il affirmé.

Pressé par les démocrates au Congrès de déclassifier le rapport du renseignement américain sur Soleimani, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a botté en touche, mardi. Dimanche dernier, le New York Times avait cité deux responsables américains, sous couvert d’anonymat, affirmant que les preuves de l’imminence d’une attaque étaient « très minces ».

Un retrait d’Irak serait « la pire chose », selon Donald Trump

Mardi, le cafouillage de la lettre américaine annonçant un retrait d’Irak a continué. Alors que Washington a assuré qu’il s’agissait d’un brouillon envoyé par erreur aux responsables irakiens, ces derniers ont dit avoir reçu une missive signée. « J’ai demandé, à ma connaissance, cette lettre signée n’existe pas », a répondu Mark Esper. « Notre position n’a pas changé, nous ne partons pas d’Irak. »

Donald Trump, lui, a mis les choses au clair depuis la Maison Blanche, estimant qu’un retrait serait « la pire chose qui puisse arriver à l’Irak ». Le président américain a dit ne pas avoir eu connaissance de la fameuse lettre : « Je ne sais pas si c’est un hoax. » Il a enfin retiré sa menace de frapper des sites culturels iraniens, une affirmation qui avait suscité un tollé aux Etats-Unis et à travers le monde : « Ils ont le droit de tuer nos ressortissants (…) et selon diverses lois, nous sommes censés être prudents avec leur héritage culturel. Mais si c’est la loi, j’aime respecter la loi »