Non, les pompiers australiens n’ont pas affirmé que les incendies n’avaient « rien à voir » avec le réchauffement climatique

FAKE OFF Sur Twitter, un message viral affirme (à tort) que les pompiers australiens ont nié tout lien entre les incendies et le réchauffement climatique

A.O.

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Un pompier en Australie, le 5 janvier 2020.
Un pompier en Australie, le 5 janvier 2020. — PETER PARKS / AFP
  • Alors que l'Australie est ravagée par des incendies depuis plusieurs semaines, certains observateurs n'ont pas manqué de souligner le potentiel rôle joué par le changement climatique dans la durée de cette catastrophe.
  • Mais les pompiers australiens auraient nié catégoriquement le moindre rapport entre les deux évènements, selon un tweet viral.
  • Celui-ci cite toutefois une source erronée, en plus d'aller à l'encontre des propos tenus par certains pompiers australiens sur le sujet récemment.

« Selon les pompiers, les incendies australiens n’ont rien à voir avec le réchauffement climatique.. Mais sont dus aux nouvelles règles environnementales qui rendent l’entretien du bush impossible pour augmenter la biodiversité. Les verts nous intoxiquent ! »

L’avertissement est signé Laurent Alexandre, l’entrepreneur (et chirurgien de formation) coutumier des controverses sur Twitter.

FAKE OFF

Mais, bien qu’il ait été publié sur un site de pompiers volontaires australiens, l’article qu’il cite en source de son affirmation est en réalité signé d’Alex Jones, une personnalité médiatique australienne, connue pour ses émissions télé et radio à succès, comme pour ses sorties polémiques et ses discours climatosceptiques.

Dans ce long texte initialement publié par The Daily Telegraph, Alex Jones niait ainsi tout impact du changement climatique sur l’intensité ou la durée des feux auxquels fait face l’Australie depuis septembre 2019, début de la saison des incendies, en citant notamment les nombreux (et dévastateurs) épisodes du genre déjà subis par le pays au fil des années.

Or, comme l’a noté le Bureau de météorologie d’Australie, les températures enregistrées dans le pays ces dernières années témoignent bien d’une hausse notable et d’une sécheresse plus marquée, ce qui rallonge donc le nombre de jours dans l’année présentant de grands risques d’incendie(s).

En outre, début décembre, des pompiers australiens avaient manifesté devant le Parlement pour réclamer plus de moyens, au même titre qu’un renforcement des mesures contre le changement climatique.