Début de parti en Afrique du Sud

Sophie Cois - ©2008 20 minutes

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Nouveau rebondissement politique ce week-end en Afrique du Sud. Des dissidents du Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994, ont annoncé la création d'un nouveau parti dès le 16 décembre prochain. Réunis samedi à Johannesburg, autour de l'ancien ministre de la Défense, Mosiuoa Lekota, et de l'ex-Premier ministre de la province du Gauteng, Mbhazima Shilowa, les dissidents de l'ANC ont jeté les bases de leur programme politique. Une de leurs priorités concerne l'élection du président au suffrage universel direct et non plus par le Parlement.

Le nouveau parti n'a pas encore de nom. La presse locale surnomme le rassemblement la « Convention Shikota », de la contraction du nom de ses deux leaders. La création de ce parti d'opposition pourrait changer la donne à quelques mois des élections générales de 2009, qui doivent désigner un nouveau président. Depuis la démission de Thabo Mbeki en septembre dernier, l'actuel chef de l'ANC, Jacob Zuma, fait figure de favori pour lui succéder en tant que nouveau chef de l'Etat. Les rivalités entre Zuma et Mbeki étaient apparues lors du congrès de l'ANC de décembre 2007. Depuis, ses dirigeants n'ont cessé de se déchirer en interne. La création de ce nouveau parti constitue un véritable événement pour l'Afrique du Sud où l'ANC règne en maître depuis la chute du régime de l'apartheid. Lors d'un meeting de l'ANC hier à Soweto, Jacob Zuma a déclaré qu'il avait « hâte qu'ils forment leur parti afin que l'on puisse engager le débat, sans colère ».