Impeachment de Donald Trump: Son ex-conseiller John Bolton prêt à témoigner s'il est convoqué

ETATS-UNIS Reste à voir si quatre républicains voteront avec les démocrates au Sénat pour obtenir une injonction

P.B. avec AFP

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John Bolton était conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump jusqu'au 10 septembre 2019.
John Bolton était conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump jusqu'au 10 septembre 2019. — E.VUCCI/SIPA

Après la pause de Noël, le bras de fer de l’impeachment reprend. Alors que Nancy Pelosi joue au poker et n’a toujours pas transmis les articles de mise en accusation au Sénat, l’ex-conseiller de Donald Trump, John Bolton, s’est dit prêt, lundi, à témoigner s’il était convoqué. Cette annonce surprise va mettre la pression sur les sénateurs républicains modérés : le Sénat devrait en effet être amené à voter pour autoriser, ou non, l’audition de nouveaux témoins lors du procès. « Bien sûr que je voudrais entendre John Bolton », a déclaré dans la soirée Mitt Romney.

« Si le Sénat adoptait une injonction pour obtenir mon témoignage, je serais prêt à témoigner », a fait savoir Bolton via un communiqué qu’il a relayé sur Twitter. Auparavant, il avait indiqué qu’il souhaitait attendre que la justice joue les arbitres sur les assignations à comparaître, alors que la Maison-Blanche a ordonné à ses employés de les boycotter.

Bolton opposé à une « magouille » sur l’Ukraine

Limogé le 10 septembre en raison de désaccords avec Donald Trump, John Bolton, ex-conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, intéresse beaucoup l’opposition démocrate à l’origine de la procédure de destitution contre le milliardaire républicain. Elle estime que l’ancien conseiller pourrait apporter des informations sur les pressions exercées par la Maison-Blanche pour forcer l’Ukraine à enquêter sur l’un des rivaux du président, Joe Biden, et notamment sur le blocage d’une aide militaire de près de 400 millions de dollars.

Selon des fuites publiées dans les médias américains, John Bolton avait pris ses distances, affirmant avec fracas lors d’une réunion qu’il ne voulait « pas être lié à cette magouille » sur l’Ukraine. Il aurait également comparé l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, qui recherchait à Kiev des informations compromettantes sur le fils de Joe Biden, de « grenade dégoupillée ».

Les yeux braqués sur quatre sénateurs républicains

Pendant les vacances, les tractations n’ont pas avancé entre le patron des républicains au Sénat, Mitch McConnell, et le démocrate Chuck Schumer sur les règles du futur procès. Les démocrates veulent entendre quatre témoins, dont John Bolton et le chef de cabinet de Donald Trump, Mick Mulvaney, ce que les républicains refusent.

Lors du procès de Bill Clinton, c’est un vote au Sénat qui avait permis de trancher la question de l’audition de témoins. Minoritaires, les démocrates ont besoin du renfort de quatre républicains pour obtenir une injonction. Trois semblent y être prêts : Mitt Romney, qui s’est dit « troublé » par les actions de Donald Trump, Susan Collins et Lisa Murkowski, qui avaient voté contre leur parti pour sauver la réforme de la santé d’Obama. En cas de vote 50-50, ce n’est pas le vice-président Mike Pence qui jouerait les arbitres, mais le chef de la Cour suprême, qui présidera les débats. Le suspense reste donc entier.