Etats-Unis : 200 élus s’adressent à la Cour suprême pour suspendre le doit à l’avortement

LÉGISLATION Les parlementaires s’appuient sur l’examen d’une loi de Louisiane et jugent « impraticable » le droit à l’avortement prévu par une décision de la Cour suprême en 1973

20 Minutes avec agences

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Des manifestants anti-avortement, lors d'une «Marche pour la Vie» à Washington, en 2014.
Des manifestants anti-avortement, lors d'une «Marche pour la Vie» à Washington, en 2014. — AFP PHOTO / Saul LOEB

Plus de 200 membres du congrès américain ont adressé ce jeudi à la Cour suprême une lettre lui demandant d’étudier une annulation de la décision « Roe v Wade » de 1973 qui avait légalisé l’ avortement. Sur les 207 signataires, seuls deux sont démocrates.

Une quarantaine d’entre eux sont sénateurs tandis que les autres siègent à la Chambre des représentants, précise le Washington Post. Les élus expriment leur soutien à une loi de l’État de Louisiane de 2014 qui limite l’accès à l’avortement.

60 % des Américains sont pro-choix

Suspendue en février 2019, cette loi sera examinée par la Cour suprême des États-Unis en mars prochain. Ce texte obligerait les médecins volontaires à être inscrits dans des hôpitaux afin de pratiquer des avortements dans une clinique. La mesure provoquerait la fermeture de bon nombre d’entre elles et compliquerait grandement l’accès à l’avortement aux habitantes de la Louisiane, alertent des professionnels de la santé.

En 2018, un collège de la cour d’appel du cinquième circuit – une cour d’appel fédérale américaine – avait confirmé la validité de la législation. Mais les 207 auteurs de la lettre estiment que « les difficultés rencontrées pour déterminer la part de la population concernée, l’ampleur des problèmes d’accès et le degré de l’aspect inacceptable de la situation illustre le caractère impraticable » de la décision qui avait officialisé le droit à l’avortement.

« Ce courrier montre malheureusement que non seulement nos droits sont réellement menacés, mais que nous sommes également arrivés à un point où une minorité est prête à nous priver de nos libertés contre l’avis de la majorité », déplore une activiste pro-choix, Stephanie Schriock. En juillet dernier, un sondage indiquait que 60 % des Américains étaient en faveur du droit à l’avortement. C’est le chiffre le plus élevé depuis plus de 20 ans.