Ce qui va changer si McCain est élu

USA 2008 Réformes et impôts: les priorités du républicain...

Philippe Berry, à Los Angeles

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AFPTV

Si Obama a tenté (avec succès semble-t-il) de convaincre les électeurs que McCain ne serait qu’un avatar de Bush, la réalité est un peu différente. Ce qui changerait sous une présidence McCain/Palin? 20minutes.fr fait le point.

1) Je réforme, tu réformes

Si vous ne connaissiez pas le mot maverick (un anticonformiste, esprit rebelle/indépendant), McCain s’est assuré que ça change en le répétant 20 fois par discours. «Tremblez bureaucrates dépensiers et corrompus de Washington, la team de mavericks McCain/Palin» arrive en ville. Sa bataille favorite? Mettre fin aux earmarks, ces dépenses fédérales que les membres du Congrès négocient pour des projets locaux. Dans les faits, les earmarks représentent environ 18 milliards de dollars annuels (moins de 1% du budget, et 4% du déficit). McCain promet aussi de s’attaquer au «pork», les petits cadeaux aux lobbies et intérêts spéciaux qui truffent les projets de loi. CÇa ne l’a pas empêché (comme Obama) de voter en faveur du plan de sauvetage des banques de 700 milliards, qui comprenait plusieurs centaines de millions de dollars de ristournes fiscales pour… les fabricants de fléchettes en bois ou les producteurs de rhum.

2) Baisser les impôts

Il jugeait les baisses d’impôts de Bush «injustes» en 2000, mais McCain est revenu au bercail, avec une philosophie républicaine plus traditionnelle. Il veut baisser les impôts pour tous, en privilégiant les plus riches (plus de 200.000 dollars / 150.000 euros annuels]) estimant qu’ils sont «le moteur de l’économie». Lui et Palin ont martelé tout le long le classique «Obama = plus d’impôts et plus de gouvernement». Ils ont sauté sur Joe le plombier et la réponse d’Obama sur la nécessité de «répartir les richesses» pour l’accuser d’être un socialiste. Et d’opposer le «commandant en chef» au «redistributeur en chef».

3) Indépendance énergétique

Comme Obama, McCain a fait de l’énergie l’une de ses priorités. Même objectif (ne plus dépendre à terme du pétrole du Golfe et du Venezuela), et méthode, dans les grandes lignes, similaire (accent sur les énergies renouvelables, le nucléaire et le charbon propre). Le ticket républicain insiste cependant davantage sur la nécessité de développer l’offshore drilling (forage pétrolier au large des côtes américaines) avec le fameux cri de guerre «Drill, baby, drill». Sarah Palin veut même creuser dans une zone protégée de l’Alaska, ce que McCain refuse.

Pour le reste: crédit d’impôt pour l’assurance maladie et la victoire en Irak

«Le sénateur Obama veut mettre un bureaucrate entre votre docteur et vous», accuse McCain. Qui lui préfère offrir un crédit d’impôt de 5.000 dollars (4.000 euros) par famille pour qu’elles puissent se payer une assurance maladie.

En politique étrangère, McCain veut retirer les troupes d’Irak «après la victoire», estimant que The surge (le renfort des troupes orchestré par le général Petraeus) portait ses fruits.

Sur la crise économique, McCain a, lui aussi, son plan de stimulus fiscal pour la classe moyenne. Il a également suggéré sur le tard qu’il emploierait 300 milliards de dollars (sur les 700 du plan de sauvetage) pour racheter les mauvais emprunts des Américains pour leur maison et les refinancer. Une initiative qui a fait s’étranger plus d’un conservateur