Trois scénarii pour le 4 novembre

USA 2008 Le premier président noir, le plus vieux ou le bazar comme en 2000...

Philippe Berry, à Los Angeles

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John McCain et Barack Obama
John McCain et Barack Obama — Montage/DR
De notre correspondant à Los Angeles

Quel dénouement pour une élection historique? 20minutes.fr dresse tous les scénarii possibles.

Le premier président afro-américain

Ça y est. Barack Obama est président. Les journaux français font des jeux de mots foireux comme «un noir à la Maison Blanche» et tout le monde se félicite de ce moment historique. McCain le rappelait lui-même dans l’une des rares pubs sympas de cette campagne, «le sénateur Obama a déjà marqué l’histoire» en devenant le premier candidat afro-américain à remporter l’investiture du parti démocrate. Il y a 45 ans, Martin Luther King faisait «un rêve». Barack Obama le réalise, près de 150 ans après la guerre de Sécession, moment charnière vers l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis.

Comment ça se produit? Sans surprise. Obama a fait la course en tête tout le long de la campagne –hormis un court moment début septembre à la suite de «l’effet Palin». Mais la crise financière est venue couler McCain, victime collatérale de huit ans de Bush et d’un message de campagne changeant un peu trop souvent. La victoire d’Obama est enfin une preuve supplémentaire qu’en 2008 aux Etats-Unis, le fameux «Bradley Effect» (qui veut qu’il existe un écart entre les gens se disant prêt à voter pour un noir dans les sondages et ceux le faisant vraiment) ne joue plus ou presque.

Un vieux à la Maison Blanche

Le guerrier l’a fait! Donné perdant par tout le monde ou presque, McCain a refait le coup des primaires et réussi un retour dont lui seul a le secret. A 72 ans, il devient le plus vieux président de l’histoire des Etats-Unis (3 ans de plus que Ronald Reagan). Sarah Palin se retrouve donc «à un battement de cœur» de la présidence. L’agence de presse AP s’est livrée à un jeu de maths morbide sur les probabilités que McCain (qui a déjà eu plusieurs cancers de la peau) meure pendant son mandat. Verdict: «McCain a de très bonnes chances de finir son premier mandat» mais le risque qu’il ne survive pas à un second est de 25%.

Comment ça se produit? En ayant fait mentir les sondages. Deux cas de figure: McCain remporte TOUS les swing states (Ohio, Floride, Caroline du Nord, Nevada, Missouri, Indiana, Colorado, Nouveau Mexique) ET réussit à ne pas se faire piquer la Virginie; ou bien il parvient à arracher la Pennsylvanie et ses 21 grands électeurs (il faut remonter à 1988 et Bush père pour voir un républicain s’y imposer) plus un bon paquets de swing states. [pour vous amuser avec la carte électorale, c’est ici]

Too close to call, c’est le bazar

On a droit à un remake de la Floride version 2000. L’élection est trop serrée et l’Amérique ne connaît pas son président, pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Comment ça se produit? Là aussi, deux possibilités. D’abord, à la régulière, avec un scénario compliqué sur la carte électorale, qui verrait McCain garder la Virginie, et remporter tous les swing states, sauf le Nevada et le Nouveau Mexique pour Obama. Ça donnerait 269 grands électeurs pour chaque candidat. Et à supposer que ces grands électeurs (a) votent tous et (b) en respectant la volonté populaire de leur Etat (ce qu’ils ne sont pas tous obligés de faire) à la mi-décembre, on aurait donc un «electoral college tie», une égalité parfaite. Dans ce cas, c’est normalement la Chambre des représentants (renouvelée également le 4 novembre) qui tranche. L’autre possibilité, c’est qu’un seul Etat fasse toute la différence (Floride en 2000, Ohio en 2004), et qu’il faille tout recompter pour cause de problème de machines à voter, de fraude ou de réclamations (ou tout ça à la fois).