Une vague démocrate attendue sur le Congrès

USA 2008 Sénat, Chambre des représentants, il n'y a pas que la présidentielle le 4 novembre...

Philippe Berry, à Los Angeles

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Une majorité de 218 voix était nécessaire pour faire passer ce texte à la Chambre, qui l'avait rejeté le 29 septembre par 228 voix contre 205.
Une majorité de 218 voix était nécessaire pour faire passer ce texte à la Chambre, qui l'avait rejeté le 29 septembre par 228 voix contre 205. — Melissa Golden AFP/Getty Images

De notre correspondant à Los Angeles

Mardi, les Américains votent pour un paquet de scrutins: un président donc, mais aussi quelques gouverneurs, des shérifs, des lois locales (revenir ou pas sur le mariage gay en Californie, par exemple) mais également pour renouveler une partie du Congrès. Selon les sondages, les démocrates pourraient bien accroitre leur avance.

La Chambre des représentants renouvelée en entier

C’est la chambre basse du congrès. Ses 435 sièges sont remis en jeu tous les deux ans. Les démocrates en ont repris le contrôle en 2006 avec 235 sièges, Nancy Pelosi devenant la speaker de la Chambre (2e sur la liste de succession du président, après le vice-président et avant le chef du Sénat). Le nombre de représentants par Etat est directement proportionnel à sa population.

Le 4 novembre, les démocrates devraient gagner quelques sièges, au grand minimum une vingtaine. D’abord parce qu’ils bénéficient de la crise économique et du ras-le-bol de l’administration Bush (même s’il faut être juste: le Congrès a un taux d’approbation encore plus bas que le président). Ensuite, davantage de républicains partent à la retraite (28 contre 6). Enfin, chose rare, les démocrates ont plus d’argent que leurs adversaires.

La grande incertitude reste l’impact du vote du plan de sauvetage de 700 milliards, plutôt impopulaire dans l’opinion. Les républicains ayant voté oui craignent pour leur siège. Mais, monde à l’envers, dans le nord de la Californie, c’est un candidat républicain qui attaque son adversaire démocrate pour avoir voté le plan… de l’administration Bush. Le spot (qui tient plus du phone sex que de la pub de campagne, c’est dessous)

Un tiers du Sénat en jeu

Les membres de la chambre haute du Congrès sont élus pour six ans, un tiers des 100 sièges étant renouvelé tous les deux ans. Pas de jaloux, chaque Etat dispose de deux sièges. Traditionnellement, être sénateur est plus prestigieux que représentant, parce que votre mandat est plus long et que vous représentez un district plus vaste. En revanche, c’est la Chambre seule qui dispose du pouvoir de lancer une procédure d’impeachment contre le président (mise en accusation qui peut déboucher sur une destitution, même si en général, quand c’est sérieux, le président démission avant, comme Nixon).

Démocrates et républicains ont chacun 49 sièges depuis 2006, mais le parti de l’âne contrôle le Sénat (Harry Reid est le chef de la majorité) grâce aux deux indépendants Bernie Sanders et Joe Lieberman (désormais considéré comme un traître pour son soutien à John McCain).

Mardi, ils devraient réaliser une percée. Les républicains doivent en effet défendre deux tiers des 35 sièges en jeu, et certains pensent que les démocrates pourraient bien franchir la barre des 60 sièges, ce qui ne leur est pas arrivé depuis 1976. Un nombre magique qui empêche quasiment le camp d’en face de faire de l’obstruction parlementaire. Les démocrates peuvent notamment remercier le sénateur sortant de l’Alaska, Ted Stevens, tout juste condamné pour corruption, qui s’entête à continuer la course et devrait la perdre. En danger aussi, Elizabeth Dole, en Caroline du nord, qui prend cher après sa pub accusant son adversaire d’être «une impie».

Si Obama est élu avec une confortable majorité au Congrès, les démocrates se retrouveraient tout à coup en position de force. Dans un tel cas de figure, pas sûr que l'esprit de bipartisanship et les promesses de tendre la main au camp d'en face tiennent bien longtemps.