Indonésie: 60 morts dans les inondations, des vivres largués par hélicoptère

CATASTROPHE NATURELLE Ces inondations sont les plus meurtrières depuis 2013 dans la région de Jakarta

J.-L.D. avec AFP

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Les inondations sévissent en Indonésie
Les inondations sévissent en Indonésie — Tatan Syuflana/AP/SIPA

Faute de pouvoir se poser, des secouristes larguaient samedi en hélicoptère des vivres aux rescapés d’inondations qui ont fait 60 morts en  Indonésie ainsi que de nombreux blessés, victimes de pluies torrentielles comme d’un développement urbain anarchique.

Des dizaines de milliers d’Indonésiens n’avaient toujours pas regagné samedi leur domicile, submergé par ces inondations dans la région de Jakarta, où vivent environ 30 millions d’habitants.

Des pluies torrentielles dès le 31 décembre

Alors que de nouvelles pluies sont à craindre, plus de 170.000 personnes vivant dans des quartiers submergés ont trouvé refuge dans des abris répartis à travers la mégapole de Jakarta.

Des pluies torrentielles ont commencé à tomber la veille du Nouvel An, déclenchant des crues soudaines et des glissements de terrain dans la région de Jakarta et dans celle de Lebak, située dans le sud-ouest de l’île de Java, à une centaine de kilomètres de la capitale.

Des bilans toujours revus à la hausse

Deux personnes ont également été tuées vendredi après des inondations soudaines et des glissements de terrain dans un village du nord des Célèbes, une île du nord de l’archipel, a annoncé samedi l’agence indonésienne de gestion des catastrophes.

Le bilan des morts a été porté à 60 samedi par l’agence, deux personnes étant portées disparues. Le précédent bilan faisait état samedi de 53 morts et un disparu. Les abris sont remplis de réfugiés qui tentent de se reposer sur de minces nattes alors que la nourriture et l’eau potable commencent à manquer. Certains sont contraints d’utiliser les eaux provenant des crues pour se laver et faire la vaisselle.

La difficulté d’acheminer les vivres

A Lebak, où une demi-douzaine de personnes ont été tuées, des policiers et militaires jetaient, depuis des hélicoptères, des boîtes de nouilles déshydratées et d’autres vivres à des villages que la destruction de ponts a rendus inaccessibles par la route.

« C’est difficile d’acheminer des vivres ici, or il y a une dizaine d’endroits touchés par des glissements de terrain », a déclaré le chef de la police de Banten, Tomsi Tohir. « C’est la raison pour laquelle nous utilisons des hélicoptères, car il n’y a pas d’endroits où atterrir », a-t-il ajouté.

Le développement urbain anarchique mis en cause

Cette catastrophe est la plus meurtrière depuis les inondations de 2013 qui avaient fait plusieurs dizaines de morts à Jakarta, régulièrement frappée par des inondations durant la saison des pluies en Indonésie, qui a commencé fin novembre.

Si les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région de Jakarta revêtent un caractère exceptionnel, des urbanistes notaient que le développement urbain anarchique de la mégalopole a certainement aggravé la situation.

Le gouvernement indonésien a d’ailleurs annoncé fin août que la capitale serait transférée sur l’île de Bornéo afin d’alléger la pression sur l’île de Java, la plus densément peuplée de l’archipel.