VIDEO. Affaire Harvey Weinstein : Tout savoir sur le procès du producteur qui débute ce lundi

#METOO Accusé par deux femmes d’agressions sexuelles, l’ancien magnat de Hollywood comparaîtra à partir de lundi devant un tribunal new-yorkais  

T.C. avec AFP

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Harvey Weinstein à New York, le 6 décembre 2019.
Harvey Weinstein à New York, le 6 décembre 2019. — Erik Pendzich/REX/SIPA
  • Le procès d’Harvey Weinstein s’ouvre lundi devant un tribunal de Manhattan.
  • Deux femmes accusent le producteur d’agressions sexuelles. Pour ces faits, il encourt la prison à perpétuité.
  • Opéré récemment du dos, il a affirmé qu’il serait bien présent à New-York pour l’ouverture du procès.
     

C’est l’un des procès les plus attendus de l’année 2020. Agé de 67 ans, Harvey Weinstein, comparaîtra devant un tribunal de Manhattan à partir du lundi 6 janvier. L’ex-producteur de cinéma est accusé d’agression sexuelle par deux femmes, l’une – restée anonyme – affirmant qu’il l’a violée en 2013, l’autre – une assistante de production – l’accusant de cunnilingus forcé en 2006. L’ancien magnat de Hollywood, catalyseur du mouvement #MeToo, a toujours assuré être innocent et soutient que ces relations sexuelles étaient consenties. Il encourt la prison à perpétuité.

En plus de ces deux femmes, l’actrice Annabella Sciorra, 59 ans, connue pour son rôle dans la célèbre série « Les Soprano » au début des années 2000, pourrait venir témoigner au procès. Elle fut, en octobre 2017, l’une des premières à accuser publiquement le cofondateur des studios Miramax et The Weinstein Compagny de l’avoir violée à l’hiver 1993-1994. Mais ce dernier ne peut pas être poursuivi pour ces faits pour lesquels il y a prescription. En revanche, son témoignage devrait permettre à l’accusation d’étayer son dossier.

Un accord de principe

Celui qui, longtemps, a été l’un des hommes les plus puissants de Hollywood, avait demandé que son procès se tienne à l’extérieur de New York, dans les comtés de Suffolk ou Albany, au Nord de la Big Apple, par crainte que l’impartialité du jury soit menacée. Il s’inquiétait notamment des conséquences de la couverture médiatique de l’affaire. Mais son recours, examiné par cinq magistrats de la chambre de la cour d’appel de la cour suprême de l’Etat de New York en octobre dernier, a été rejeté.

Opéré du dos en décembre dernier, des suites d’un accident de voiture en août, Harvey Weinstein sera présent pour l’ouverture du procès, a-t-il assuré à un juge. Depuis sa chambre d’hôpital, il a accordé un entretien au New-York Post dans lequel il se présente en pionnier de la promotion des femmes dans le monde du cinéma américain. « J’ai fait plus de films réalisés par des femmes sur des femmes que n’importe quel producteur », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « J’ai l’impression qu’on m’oublie. »

Ses états de service cinématographiques « ont été, à juste titre, oblitérés par ses actes horribles, son incapacité totale à accepter ses responsabilités, et son action pour forcer les rescapées à accepter un accord d’indemnisation inadéquat et dérisoire », a expliqué Douglas Wigdor, un avocat qui représente deux accusatrices du producteur en disgrâce. Harvey Weinstein a en effet conclu un accord de principe avec des dizaines de victimes présumées. Il prévoit le versement de quelque 25 millions de dollars à ces femmes, dont beaucoup avaient attaqué Harvey Weinstein en justice.

De nouvelles accusations

Si l’accord est validé par un juge, il mettra fin aux poursuites qu’elles ont engagées contre lui. Harvey Weinstein n’aura rien à payer de sa poche. La somme doit être réglée par les assureurs de la Weinstein Company, son ancien studio, de même que ses frais de justice au civil. L’arrangement a scandalisé une partie de l’opinion, de même que le montant de l’enveloppe, jugé trop faible. Depuis, Kaja Sokola, une ancienne mannequin qui affirme avoir été sexuellement agressée par le producteur quand elle avait 16 ans, en 2002, a rejeté cet accord et l’a assigné en justice.

L’accord ne concerne pas, en revanche, le dossier pénal, qui sera examiné lors du procès qui commence le 6 janvier à New-York. En attendant, l’ancien producteur est en liberté surveillé, moyennant le versement d’une caution de 2 millions de dollars, le port d’un bracelet électronique et la confiscation de son passeport. Il peut voyager aux Etats-Unis, à condition d’informer préalablement la justice de tout déplacement hors de l’Etat de New York. Son procès doit durer jusqu'au 9 février.