Autriche: La droite de Sebastian Kurz et les Verts scellent leur accord de gouvernement

ALLIANCE Après avoir travaillé avec l’extrême droite, le chancelier de droite teste un partenariat inédit

20 Minutes avec AFP

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Le chancelier autrichien Sebastian Kurz (à gauche) et le leader des Verts Werner Kogler, le 1er janvier 2020 à Vienne.
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz (à gauche) et le leader des Verts Werner Kogler, le 1er janvier 2020 à Vienne. — AFP

Après l’échec de son alliance avec l’extrême droite, le conservateur autrichien Sebastian Kurz revient au pouvoir en tandem avec les Verts et promet de concilier « le meilleur des deux mondes » en « protégeant les frontières et le climat ». Trois mois après les législatives du 29 septembre remportées par le chancelier sortant, l’Autriche va expérimenter une alliance inédite entre l’ÖVP, poids lourd de la politique nationale, et le parti Die Grünen.

Plusieurs semaines de tractations

Les deux formations ont annoncé mercredi soir avoir scellé un accord de coalition, après plusieurs semaines de tractations. Pour les Verts autrichiens, cette entrée au gouvernement est une première.

Lors d’une conférence de presse à Vienne aux côtés de Werner Kogler, chef de file des écologistes, Sebastian Kurz a reconnu que « les négociations (n’avaient) pas été faciles car les deux partis ont des orientations très différentes ». Mais « nous sommes parvenus à réunir le meilleur des deux mondes », a déclaré le leader de l’ÖVP, qui défend une ligne dure sur l’immigration et selon lequel, « il est possible de protéger le climat et les frontières ». « La tâche n’a pas été facile », a également insisté M. Kogler, 58 ans, qui va devenir vice-chancelier. Il s’est réjoui que les deux formations aient réussi « à bâtir des ponts » pour « le futur de l’Autriche », s’engageant à plus de « justice sociale » et à d’importantes mesures pour la défense de l’environnement.

Surtout, l’Autriche va devenir « pionnière dans la lutte contre le réchauffement climatique », a promis le chef des Verts. Le pays, peuplé de 8,9 millions d’habitants, figurera avec la Suède, la Finlande, la Lituanie et le Luxembourg parmi les Etats membres de l’UE où des écologistes participent au gouvernement, dans un contexte où les appels à agir contre le changement climatique se font de plus en plus pressants.

Des alliés anciens opposants

Les Verts, ancrés à gauche, ont été de virulents opposants à la politique d’immigration, de sécurité et aux choix budgétaires de la coalition sortante droite/extrême dirigée par Kunz jusqu’en mai. Les deux nouveaux partenaires prennent ainsi « un pari risqué » en s’alliant malgré des « approches politiques fondamentalement différentes », soulignait cette semaine le quotidien régional Tiroler Zeitung.

Contraint de saborder sa coalition avec le FPÖ, Sebastian Kurz avait convoqué des élections anticipées que son parti a largement remportées (37,5 %). Face à des sociaux-démocrates en perte de vitesse, et une extrême droite devenue peu fréquentable et en baisse de 10 points dans les urnes, le chef de la droite avait le choix de se tourner vers les écologistes (quatrièmes avec 13,9 % des suffrages) pour tenter de former une majorité.