Centrafrique : Au moins 11 morts dans des affrontements dans un quartier musulman de Bangui

VIOLENCES Les incidents ont éclaté dans le PK5 de Bangui, un quartier majoritairement musulman

20 Minutes avec AFP

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La ville de Bangui, le 14 décembre 2015.
La ville de Bangui, le 14 décembre 2015. — MARCO LONGARI / AFP

Des combats entre miliciens et commerçants ont éclaté, mercredi soir, et se poursuivaient ce jeudi dans le quartier majoritairement musulman PK5 de Bangui ( Centrafrique), au cours desquels au moins onze personnes ont été tuées, selon l’imam du quartier et deux sources sécuritaires.

« Seize corps ont été apportés à la mosquée », a affirmé Awad Al Karim, imam de la mosquée Ali Babolo, selon lequel les commerçants ont pris les armes pour s’opposer à la taxation imposée par les groupes d’autodéfense qui règnent dans le quartier. Deux sources sécuritaires évoquent respectivement au moins onze et quatorze morts, sans plus de précisions.

Des boutiques et des maisons brûlées

Ni la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca)​, ni les autorités centrafricaines ne contrôlent le PK5, et aucun bilan officiel des affrontements n’était disponible jeudi. « Les combats se poursuivent, nous avons dépêché sur place une force de réaction rapide. Une partie du marché a été brûlée, ainsi que quelques véhicules » a indiqué Bili Aminou Alao, porte-parole de la Minusca.

Des rafales d’armes automatiques et des explosions ont retenti dans la capitale centrafricaine mercredi soir et jeudi matin. « Entre 40 et 50 boutiques ont été brûlées, ainsi que quatre à cinq maisons » a précisé le colonel Patrick Bidilou Niabode, directeur général de la protection civile centrafricaine.

Des violences dans le quartier depuis 2014

Les sapeurs-pompiers volontaires qu’il encadre ont réussi à éteindre deux feux qui se propageaient dans les marchés, mais ont dû abandonner deux maisons aux flammes en raison des échanges de tirs nourris à proximité, selon le colonel Bidilou.

Le PK5 est en proie à des violences sporadiques depuis 2014. C’est dans ce quartier que s’étaient réfugiés de nombreux musulmans de Bangui après les affrontements entre rebelles Séléka et groupes anti-balaka qui ont ravagé la capitale après la chute du président François Bozizé en 2013. La situation sécuritaire reste extrêmement précaire en Centrafrique, l’un des pays les plus pauvres du monde malgré son abondance en ressources naturelles.