Aide humanitaire en Syrie : Des ONG tirent la sonnette d’alarme

CRISE Moscou et Pékin ont apposé leur veto à projet de prolongation d’un an de l’aide humanitaire de l’ONU en Syrie

20 Minutes avec AFP

— 

Des Syriens ayant fuit Idleb, à Dana (Syrie), le 22 décembre 2019.
Des Syriens ayant fuit Idleb, à Dana (Syrie), le 22 décembre 2019. — AAREF WATAD / AFP

Elles redoutent une éventuelle catastrophe humanitaire en Syrie. Des ONG ont tiré la sonnette d’alarme samedi au lendemain d’un veto de Moscou et de Pékin à un projet de résolution prolongeant d’un an l’aide humanitaire transfrontalière de l’ONU à quatre millions de Syriens.

Cette aide profite principalement aux régions échappant en partie au contrôle de Damas, notamment la province d’Idleb dans le nord-ouest. Malgré des appels de l’ONU à la désescalade, l’intensification des raids depuis le 16 décembre sur le sud d’Idleb a de nouveau déplacé des dizaines de milliers de personnes.

Des familles qui « dépendent de l’aide fournie »

En provenance de Jordanie, d’Irak et de Turquie, l’aide est acheminée en Syrie à travers des points de passage désignés par les Nations Unies et sans l’autorisation officielle du régime de Damas. Problème : le mandat conféré à l’ONU expire le 10 janvier.

Pour l’ONG Oxfam, « les familles dans le besoin, dont beaucoup ont été forcées de fuir à plusieurs reprises pendant la crise, dépendent de l’aide fournie par les opérations transfrontalières de l’ONU ». L’aide humanitaire reste nécessaire étant donné la persistance des violences et des déplacements, estiment des ONG.

Samedi, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a lui qualifié de « honteux » ce veto. Il a ajouté que la Russie et la Chine avaient « préféré fournir un soutien à leur partenaire à Damas, plaçant ainsi la vie de millions de civils innocents dans la balance au plus fort de l’hiver ».

L’aviation russe, soutien de l’armée syrienne

Dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche syrienne d’Al-Qaïda, Idleb abrite plus de trois millions de personnes, dont la moitié a été déplacée depuis d’autres parties du pays reconquises par le régime, qui contrôle désormais plus de 70 % du territoire, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). L’armée syrienne, soutenue par l’aviation russe, a mené une offensive d’envergure entre fin avril et fin août à Idleb, tuant un millier de civils selon l’OSDH, et déplaçant 400.000 personnes d’après l’ONU. Pour le régime, la reconquête d’Idleb permettra de mettre fin à la guerre qui a éclaté en 2011.

Depuis jeudi soir, des affrontements meurtriers notamment près de la ville de Maaret al-Noomane, ont, par ailleurs, fait près de 140 morts parmi les combattants, dont 57 membres des forces prorégime. La guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés.