Chine : Pékin condamne l'appel du Parlement européen contre la répression des Ouïgour

NON MERCI Le Parlement européen a demandé des sanctions contre la Chine au sujet de son attitude contre les populations turcophones du nord-ouest du pays

20 Minutes avec AFP

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Geng Shuang, responsable du ministère des affaires étrangères chinois.
Geng Shuang, responsable du ministère des affaires étrangères chinois. — AP/SIPA

Pékin a rejeté vendredi l’appel du Parlement européen à sanctionner la Chine pour son traitement de la minorité musulmane ouïgour au Xinjiang (nord-ouest), y voyant une « ingérence » dans ses affaires intérieures. « Nous appelons les Européens à abandonner leur partialité en matière d’antiterrorisme », a déclaré devant la presse un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Geng Shuang était interrogé sur la résolution adoptée jeudi par le Parlement européen, qui a « pressé la Commission, le Conseil et les Etats membres de prendre toutes les mesures nécessaires pour convaincre le gouvernement chinois de fermer les camps, de mettre un terme à toutes les violations des droits de l’Homme au Xinjiang et de préserver (…) les libertés fondamentales des Ouïgours ».

Pas la première fois que le Parlement européen prend position sur la question

Des experts et des organisations de défense des droits de l’Homme accusent Pékin d’avoir interné au Xinjiang, une région vaste comme trois fois la France, un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïgour, dans des camps de rééducation politique. Pékin récuse ce chiffre et explique qu’il s’agit de centres de « formation professionnelle » destinés à lutter contre la radicalisation, dans une région marquée par des attentats attribués à des indépendantistes ou des islamistes ouïgours.

Mercredi, le Parlement européen s’était déjà attiré les foudres du régime communiste en remettant officiellement le prix Sakharov des droits de l’Homme à l’universitaire ouïgour Ilham Tohti, condamné à la prison à vie en Chine pour « séparatisme ». Les eurodéputés avaient une nouvelle fois demandé aux autorités chinoises de « libérer immédiatement et sans condition » l’intellectuel dont les proches n’ont aucune nouvelle depuis 2017. En son absence, le prix Sakharov a été remis à sa fille.