Primaire démocrate : Les outsiders se distinguent lors du sixième débat

ELECTIONS Donald Trump était évidemment encore au cœur des conversations

20 Minutes avec AFP

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Lors du sixième débat de la primaire démocrate, jeudi soir.
Lors du sixième débat de la primaire démocrate, jeudi soir. — Chris Carlson/AP/SIPA

Les candidats invités au sixième débat de la primaire démocrate américaine ont affiché jeudi un front commun contre Donald Trump mais se sont vivement affrontés sur la question de l’argent dans la politique. « Nous devons restaurer l’intégrité de la présidence » après le mandat de Donald Trump, a assuré l’ancien vice-président Joe Biden, qui mène la course à l’investiture.

Le milliardaire républicain a été mis en accusation mercredi par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, pour avoir fait pression sur l’Ukraine afin que Kiev annonce des enquêtes anti-corruption contre Joe Biden et son fils Hunter, qui avait siégé au conseil d’administration d’une entreprise gazière locale. Ainsi, il aurait demandé à un pays étranger d’interférer à son profit dans la campagne électorale américaine.

« On doit cesser d’être obsédés par l’"impeachment" »

Donald Trump est « un menteur pathologique » qui dirige « le gouvernement le plus corrompu de l’histoire moderne » américaine, a attaqué Bernie Sanders. Le président américain cultive ses loyautés à coups de « réductions d’impôts et de postes d’ambassadeurs », a asséné Elizabeth Warren. C’est le Sénat qui devrait juger en janvier Donald Trump pour abus de pouvoir et entrave au Congrès. Mais, soutenu par la majorité républicaine à la chambre haute, le milliardaire devrait être acquitté.

« Qu’importe ce qu’il se passe au Sénat, c’est à nous » d’agir pour battre le milliardaire le 3 novembre 2020, a affirmé Pete Buttigieg, jeune maire de l’Indiana. Seule voix nettement discordante, l’homme d’affaires d’origine asiatique Andrew Yang a estimé : « On doit cesser d’être obsédés par l’"impeachment". »

Buttigieg attaqué

La soirée a aussi été marquée par de vifs échanges, principalement dirigés contre Pete Buttigieg. Quatrième de la course, il reste une menace pour ses adversaires car il est en tête dans les sondages de l’Iowa. Cet Etat clé ouvrira le 3 février la saison de la primaire et donnera le ton pour la suite. « Des milliardaires dans des caves à vin ne devraient pas choisir le prochain président », a fustigé Elizabeth Warren en référence à une récente collecte de fonds de Pete Buttigieg dans une cave viticole.

« Voilà bien le problème de décerner des tests de pureté qu’on serait bien soi-même incapable d’obtenir » en ayant eu par le passé recours à de riches donateurs, a-t-il rétorqué, en référence à la fortune d’Elizabeth Warren. Bernie Sanders a pour sa part manié l’humour en notant que Pete Buttigieg avait « seulement 39 milliardaires » parmi ses donateurs, contre 44 pour Joe Biden.

Biden ne rassure pas vraiment

La centriste Amy Klobuchar reste loin derrière les quatre principaux candidats mais a tiré son épingle du jeu, comme le milliardaire Tom Steyer ou Andrew Yang. « Il nous faut prendre chaque occasion de présenter une vision nouvelle, positive pour le pays, une nouvelle voie pour aider à le (Donald Trump) battre en 2020 parce que, ne vous y trompez pas, il sera sur les bulletins de vote », a mis en garde ce dernier, jeune entrepreneur.

A 77 ans, Joe Biden a tenté de rassurer ses partisans sur son état de forme, mais en évoquant d’une façon jugée maladroite sa longue lutte personnelle contre le bégaiement. Il a cependant refusé de s’engager à exercer un second mandat – il aurait alors 82 ans – s’il était élu en 2020. « Je n’ai pas encore été élu pour un premier mandat », a-t-il ironisé. Le débat s’est aussi déroulé dans l’ombre du milliardaire centriste Michael Bloomberg (5,1 %). Il se concentre sur la quinzaine d’Etats qui voteront début mars.