Grèce : Le procureur requiert l’acquittement des responsables d’Aube dorée dans le meurtre d’un rappeur

ACCUSATIONS Les chefs du parti étaient accusés d’avoir joué un rôle dans la mort du rappeur Pavlos Fyssas en 2013

20 Minutes avec AFP

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Yiorgos Roupakias, soupçonné d'avoir poignardé Pavlos Fyssas en 2013, ici lors de son procès en 2019.
Yiorgos Roupakias, soupçonné d'avoir poignardé Pavlos Fyssas en 2013, ici lors de son procès en 2019. — TATIANA BOLARI / Eurokinissi / AFP

Le ministère public a requis ce mercredi l’acquittement du chef du parti néonazi grec Aube dorée, Nikos Michalokialos, et d’une quinzaine d’autres cadres de l’organisation. Ils sont accusés d'avoir organisé le meurtre d'un rappeur antifasciste en 2013 près d’Athènes.

Dans son réquisitoire après plus de quatre ans d’audiences, la procureure Adamantia Economou a estimé que la culpabilité du dirigeant du parti et d’autres responsables d’Aube Dorée ne pouvait pas être établie pour la mort de Pavlos Fyssas, 34 ans. Dans un communiqué lu à la cour, elle a estimé que le meurtre de ce rappeur antifasciste, poignardé en 2013 par un membre présumé du parti Yiorgos Roupakias, était « non prémédité » et qu'« aucun ordre » n’avait été donné pour le commettre par des responsables d’Aube dorée.

Un verdict rendu début 2020

La mère de la victime, Magda Fyssa s’est dite scandalisée par le réquisitoire. « Tout ce temps, et c’est tout ce qu’ils ont compris ? », a-t-elle fustigé. Sur la base d’enregistrements de conversations téléphoniques entre des membres d’Aube dorée la nuit où Pavlos Fyssas a été tué, des enquêteurs ont argué que le meurtre avait été commis alors que des cadres du parti en avaient connaissance.

Début novembre, lors de sa première comparution dans ce procès fleuve, le fondateur et chef du parti néonazi avait plaidé « non coupable », s’insurgeant contre « un complot politique ayant comme cible le parti ». Comme une quinzaine d’autres cadres et ex-députés, Nikos Michaloliakos est accusé en particulier de « direction et constitution d’une organisation criminelle ».

Au total quelque 70 personnes sont poursuivies dans ce procès pour plusieurs chefs d’accusation pour lesquels elles encourent de 5 à 20 ans de prison. Le verdict sera rendu début 2020. Qualifié « d’historique » par la partie civile, ce procès a entraîné le déclin du parti qui n’a pas réussi à faire élire de député lors des dernières élections de juillet. Aube dorée est entré pour la première fois au Parlement en 2012, surfant sur la crise et le discrédit dont souffrait alors la classe politique.

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