Le gouvernement Trump ne reconnaît pas le génocide arménien

HISTOIRE Donald Trump évoque un massacre de masse mais évite le mot « génocide » pour ne pas fâcher Ankara

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump, le président américaine et le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse le 13 novembre 2019.
Donald Trump, le président américaine et le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse le 13 novembre 2019. —

Dans une volonté de contenter la Turquie, fâchée par la reconnaissance récente du génocide arménien par le Congrès américain, le gouvernement de Donald Trump a assuré mardi qu’il refusait toujours d’utiliser le mot « génocide », rejeté par Ankara, pour qualifier ce massacre de masse.

Eviter le mot « génocide »

« La position du gouvernement n’a pas changé », a déclaré la porte-parole du département d’Etat, Morgan Ortagus, dans un court communiqué. « Nos positions sur le sujet s’alignent avec celles exprimées dans le communiqué final du président publié en avril », a-t-elle simplement ajouté.

Au printemps, lors de la commémoration du massacre des Arméniens en 1915, Donald Trump avait parlé d'« une des pires atrocités de masse du XXe siècle », mais s’était gardé d’employer le terme « génocide ».

Contre l’avis du Congrès

La semaine dernière, grâce à un vote au Sénat qui suivait celui de la Chambre des représentants fin octobre, le Congrès a formellement adopté une résolution pour « commémorer le génocide arménien en le reconnaissant officiellement ». Dans la foulée, Ankara a manifesté sa colère en convoquant l’ambassadeur américain et en expliquant que ce vote « mettait en péril l’avenir des relations » entre les deux pays.

Selon les estimations, entre 1,2 million et 1,5 million d’Arméniens ont été tués pendant la Première Guerre mondiale par les troupes de l’Empire ottoman, alors allié à Allemagne et à l’Autriche-Hongrie. Les Arméniens cherchent à faire reconnaître par la communauté internationale l'existence d'un génocide.

La Turquie, issue du démantèlement de l’Empire en 1920, reconnaît des massacres mais récuse le terme de génocide, évoquant une guerre civile en Anatolie, doublée d’une famine, dans laquelle 300.000 à 500.000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

De nombreux historiens et universitaires ont conclu que la déportation et le massacre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale répondaient à la définition juridique du génocide.