Sous-alimentation et obésité : La malnutrition touche 2,3 milliards de personnes

ÉTUDE L’OMS alerte sur les conséquences d’une mauvaise hygiène alimentaire, dans un rapport publié ce lundi

20 Minutes avec agences

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Une personne sur cinq dans le monde meurt à cause d'un mauvais régime alimentaire
Une personne sur cinq dans le monde meurt à cause d'un mauvais régime alimentaire — Vanderlei Almeida afp.com

De plus en plus de pays à faible et moyen revenus doivent faire face en même temps à la sous-alimentation et à l'obésité, s’alarme un rapport de l’Organisation mondiale de la santé ( OMS) publié ce lundi. Ce « double fardeau de la malnutrition » pèse sur « plus d’un tiers des pays à revenu faible ou moyen », alerte ce rapport en quatre volets publié dans la revue médicale britannique The Lancet.

Son constat recoupe celui d’un autre rapport publié en octobre par l’Unicef, et qui ne portait que sur les enfants. « Nous faisons face à une nouvelle réalité en matière de nutrition. Il n’est plus pertinent d’associer pays pauvres avec sous-nutrition et pays riches avec obésité », souligne Francesco Branca, auteur principal du rapport de l’OMS.

Un tiers de la population en surpoids

Ce changement est lié à la transition alimentaire rapide que connaissent ces pays. Une partie de leur population n’a toujours pas accès à un nombre de calories suffisant tandis qu’une autre n’a plus ce problème mais son alimentation n’est pas de bonne qualité.

Cette transition est si rapide qu’un même individu peut connaître les deux problèmes au cours de sa vie, ce qui accroît notamment les risques de maladies cardiovasculaires, note l’OMS. Selon des chiffres cités par le rapport, 2,3 milliards d’enfants et adultes dans le monde sont en surpoids ou obèses. Plus de 150 millions d’enfants ont un retard de croissance dû à leur alimentation et un adulte sur cinq dans le monde meurt à cause de mauvaises habitudes alimentaires.

La responsabilité des multinationales

« La disparition progressive des endroits où on vend des aliments frais, l’augmentation des supermarchés et le contrôle de la chaîne alimentaire par des multinationales dans de nombreux pays » sont un problème majeur, explique Barry Popkin, professeur à l’université de Caroline du Nord (Etats-Unis). Cela se combine avec une baisse de l’activité physique dans les pays en développement, due à l’amélioration du niveau de vie.

Selon le rapport, qui prône la nécessité « de nouvelles politiques alimentaires », le « double fardeau de la malnutrition » concerne jusqu’à 35 % des ménages dans certains pays, avec des niveaux particulièrement élevés en Azerbaïdjan, au Guatemala, en Egypte, aux Comores ou à Sao Tome et Principe. Un même enfant peut être à la fois obèse et en retard de croissance, en raison d’une alimentation trop riche en calories, mais pauvre en nutriments.