Procédure d'« impeachment » : Le renvoi de Donald Trump en procès validé lors d’un vote préliminaire

ENQUETE Le président américain est accusé d'« abus de pouvoir » et d'« entrave à la bonne marche du Congrès »

Manon Aublanc

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Donald Trump
Donald Trump — Evan Vucci/AP/SIPA

L’acte d’accusation de Donald Trump a été approuvé vendredi par une commission à majorité démocrate du Congrès, franchissant une étape décisive avant un vote historique sur le probable renvoi du président des Etats-Unis en procès pour destitution.

Deux mois et demi après l’explosion du « scandale ukrainien », la commission judiciaire de la Chambre des représentants a adopté, en suivant des lignes strictement partisanes, les deux chefs d’inculpation retenus par les démocrates contre le milliardaire :  « abus de pouvoir » et « entrave à la bonne marche du Congrès ».

« Il n’y a aucune chance que le président soit destitué »

Il revient désormais à la Chambre de voter sur ce texte lors d’une séance plénière attendue mercredi, selon les médias. Compte tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump est quasi assuré d’être mis en accusation. Il devrait toutefois échapper à une destitution, le Sénat, chargé de le juger, étant contrôlé par les républicains qui font bloc autour de leur président. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, l’a d’ailleurs affirmé jeudi soir sur Fox News : « Il n’y a aucune chance que le président soit destitué ».

Même s’il est acquitté, son renvoi en procès entachera le bilan de Donald Trump et ternira sa campagne de réélection, bien qu’il conserve un soutien massif auprès de sa base républicaine. Avant de passer au vote, la commission judiciaire a débattu pendant une quinzaine d’heures. Ces discussions fleuves, émaillées de nombreuses escarmouches, ont exposé deux visions diamétralement opposées de la conduite de Donald Trump, qui reflètent les fractures de la société américaine face à ce président atypique.

Retour sur l’affaire ukrainienne

Les ennuis du milliardaire ont commencé quand un mystérieux lanceur d’alerte s’est alarmé de la teneur d’un échange téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Dans cet appel du 25 juillet, le magnat de l’immobilier priait son interlocuteur d’enquêter sur de possibles ingérences ukrainiennes dans l’élection de 2016 – reprenant à son compte une théorie en vue dans les milieux conspirationnistes. Surtout, il lui demandait de « se pencher » sur le démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter lors de la présidentielle de 2020, et les affaires de son fils Hunter en Ukraine.

Or, une aide militaire cruciale pour Kiev, en conflit armé avec la Russie, avait été bloquée quelques jours avant cet appel, sans explication. Pour les premiers, Donald Trump a commis un « abus de pouvoir » pour s’assurer un avantage dans l’élection de 2020, mettant en jeu l’intégrité du scrutin et la sécurité des Etats-Unis. Les démocrates lui reprochent aussi d’avoir « entravé » le travail du Congrès en refusant de participer à leur enquête. Jugeant la procédure « inconstitutionnelle », la Maison Blanche a en effet interdit à des conseillers du président de témoigner​ ou de fournir des documents réclamés par la Chambre.