Nouvelle-Zélande : Une enquête criminelle ouverte après l’éruption meurtrière d’un volcan

DISPARITION Les autorités veulent savoir pourquoi les touristes ont été autorisés à se rendre sur l’île volcanique de White Island, alors que le niveau d’alerte avait été relevé depuis plusieurs jours

20 Minutes avec AFP

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Une éruption s'est produit, le 9 décembre 2019 sur White Island, dans le nord de la Nouvelle-Zélande.
Une éruption s'est produit, le 9 décembre 2019 sur White Island, dans le nord de la Nouvelle-Zélande. — Handout / Michael Schade / AFP

Une enquête criminelle a été ouverte, ce mardi en Nouvelle-Zélande, au lendemain d’une éruption volcanique sur une île touristique, qui a probablement causé la mort de 13 personnes, a annoncé la police.

La semaine dernière, le niveau d’alerte du volcan avait été relevé, soulevant la question de savoir pourquoi les touristes ont été autorisés à se rendre sur White Island, également appelée Whakaari, dans le nord de la Nouvelle-Zélande. « Nous allons ouvrir une enquête criminelle sur les circonstances dans lesquelles des personnes sont décédées et ont été blessées sur White Island », a annoncé à la presse le sous-commissaire John Tims à Wellington.

Huit personnes toujours disparues

Lundi, le niveau d’activité était de 2, ce qui correspond à des « troubles volcaniques modérés à élevés », a expliqué à la télévision néo-zélandaise (TVNZ) Paul Quinn, président de la compagnie White Island Tour, qui a perdu deux guides dans l’éruption. La police a confirmé mardi que cinq personnes ont été tuées, et estimé que les huit portées disparues sont également décédées. Quelques heures auparavant, la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern avait indiqué qu’aucun signe de vie n’a été signalé après plusieurs survols de l’île. « Ce matin, l’effort est mis sur la récupération [des corps] (…) en toute sécurité », a-t-elle ajouté.

Parmi les disparus et blessés figurent des touristes d’Australie, des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de Chine et de Malaisie, ainsi que des Néo-Zélandais qui les guidaient. « Quarante-sept personnes étaient sur l’île. Nous pouvons maintenant confirmer que 5 personnes sont décédées, 31 sont actuellement à l’hôpital, huit autres sont toujours portées disparues et trois sont sorties de l’hôpital, a déclaré un porte-parole de la police, Bruce Bird. Nous ne pensons pas que quelqu’un d’autre ait survécu à l’éruption. »

Une « baisse régulière de l’activité depuis l’éruption »

L’éruption survenue à 14 h 11 (2 h 11 heure française) a dégagé un épais panache de fumée blanche dans le ciel sur plusieurs kilomètres. Des images vidéo en direct ont montré un groupe d’une demi-douzaine de personnes marchant le long du cratère quelques secondes avant que les images ne deviennent noires. La plupart des victimes de la catastrophe seraient australiennes, selon des responsables de Canberra. Au moment de l’éruption, une trentaine de passagers du navire de croisière Ovation of the Seas, parti la semaine dernière de Sydney (Australie), se trouvaient sur l’île. Selon le Premier ministre australien, Scott Morrison, 24 Australiens visitaient le volcan à ce moment-là. « Nous devons nous préparer à des nouvelles difficiles dans les jours à venir », a-t-il prévenu.

Un diplomate britannique a indiqué que deux de ses concitoyens étaient soignés en Nouvelle-Zélande. Michael Schade, un touriste qui a quitté l’île juste à temps, a filmé des touristes bloqués sur le rivage, attendant d’être évacués sous un ciel rempli de débris blancs. Un hélicoptère recouvert de cendres gisait endommagé, les pales tordues, à proximité. L’Agence nationale de gestion des situations d’urgence a qualifié l’éruption de « modérée ». « Nous avons constaté une baisse régulière de l’activité depuis l’éruption. Il reste beaucoup d’incertitudes mais actuellement il n’y a aucun signe d’aggravation », a-t-elle fait savoir.

L’activité du vol élevée depuis quinze jours

« L’éruption n’est pas complètement inattendue [car l’activité était relativement élevée depuis septembre, et encore plus ces quinze derniers jours », explique Jessica Johnson, géophysicienne à l’université d’East Anglia. Royal Caribbean, l’opérateur américain du Ovation of the seas, a vendu l’excursion d’une journée sur White Island comme une « visite guidée inoubliable du volcan le plus actif de Nouvelle-Zélande », qui amène les audacieux tellement près du volcan qu’il faut s’équiper de casques et de masques à gaz.

White Island se situe à une cinquantaine de kilomètres des côtes de la baie de l’Abondance (Bay of Plenty). 70 % du volcan sont immergés. C’est le plus actif de l’archipel néo-zélandais, selon l’agence gouvernementale GeoNet. Environ 10.000 touristes s’y rendent chaque année. Le volcan a connu de fréquentes éruptions au cours des 50 dernières années, la plus récente remonte à 2016. Cette année-là, un conteneur de 2,4 t avait été transporté par avion sur l’île afin de servir d’abri en cas d’éruption.