Pas de complot anti-Trump dans l'enquête russe du FBI, selon un rapport très attendu

ETATS-UNIS Il y a eu « des erreurs » mais pas de « parti-pris politique » dans l’enquête sur les soupçons de collusion entre la Russie et la campagne de Donald Trump

20 Minutes avec AFP

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Photo montage de James Comey, ancien directeur du FBI et de Donald Trump.
Photo montage de James Comey, ancien directeur du FBI et de Donald Trump. — NICHOLAS KAMM / AFP

C’était l’enquête sur l’enquête. Depuis près de trois ans, Donald Trump crie au complot, affirmant que des agents du « deep state » ont participé à un vaste « coup d’Etat » pour l’écarter du pouvoir. Mais selon un rapport officiel publié lundi, le FBI n’avait pas d’arrière-pensée politique quand il a ouvert, en 2016, une enquête sur de possibles liens entre l’équipe de campagne du candidat Trump et la Russie.

« Nous n’avons pas trouvé de preuves de parti-pris politique ou de motivation inappropriée » qui auraient pesé sur la décision d’ouvrir cette enquête, écrit l’inspecteur général du ministère de la Justice, Michael Horowitz. Pour lui, la décision, prise sur la base d’une information donnée par un partenaire étranger « digne de confiance », remplissait un « objectif autorisé ».

Son rapport souligne toutefois que certains agents ont par la suite commis des « erreurs et des omissions » notamment quand ils ont demandé à la justice un feu vert pour placer sur écoute un ancien conseiller du candidat Trump.

Trump et Comey crient victoire

S’appuyant sur ce dernier point, le locataire de la Maison Blanche s’est dit conforté dans sa conviction d’avoir été victime d’une « tentative de (le) renverser ». « Les détails du rapport sont bien pires que ce que j’avais imaginé », a commenté Donald Trump. « Ce qui s’est passé est une honte », a-t-il encore déclaré. « Ca ne devrait jamais arriver à aucun autre président. »

« C’étaient des mensonges. Pas de trahison. Pas d’espionnage de la campagne. Pas de mise sur écoute de Trump. Juste des personnes dévouées essayant de protéger l’Amérique », a, de son côté, tweeté l’ex-directeur du FBI James Comey, que Donald Trump avait limogé.

Aux origines de l’enquête de Robert Mueller

L’enquête ouverte par la police fédérale américaine en juillet 2016 avait été confiée en 2017 à un procureur spécial qui, après près de deux ans d’enquête, a conclu ne pas avoir de preuves d'une collusion entre Moscou et l’équipe de campagne de Donald Trump malgré des contacts répétés. Le procureur Robert Mueller a toutefois décrit une série de pressions troublantes exercées sur son enquête, se disant incapable d’exonérer le président des soupçons d’entrave à la justice.

Pendant toute la durée de l’enquête, le président a accusé le FBI de partialité allant jusqu’à accuser ses agents d’avoir voulu fomenter « un coup d’Etat ». Le rapport de l’inspecteur général « démonte une théorie du complot (…) que le président Trump et les républicains du Congrès ont propagée pendant des années » pour « détourner l’attention des errements graves du président Trump », ont réagi les parlementaires démocrates Jerry Nadler et Carolyn Maloney.

Le ministre de la Justice Bill Barr, un fervent défenseur de Donald Trump, a pour sa part pris ses distances avec les conclusions de l’inspecteur général. Son rapport « montre clairement que le FBI a initié une enquête intrusive d’un candidat à la présidence sur la base des soupçons les plus tenus qui, à mon avis, étaient insuffisants pour justifier les mesures prises », a-t-il estimé.