Royaume-Uni : Dernière ligne droite avant des élections décisives pour le Brexit

SCRUTIN Le Premier ministre, Boris Johnson, a fait le pari de convoquer des élections législatives pour mettre en œuvre la sortie de l’Union européenne

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Boris Johnson dans son QG de campagne à Londres, le 8 décembre 2019.
Le Premier ministre Boris Johnson dans son QG de campagne à Londres, le 8 décembre 2019. — Ben STANSALL / POOL / AFP

A trois jours des élections anticipées, dont l’issue décisive pour le Brexit va tracer le chemin du Royaume-Uni pour les décennies à venir, le Premier ministre britannique Boris Johnson et son adversaire travailliste Jeremy Corbyn entrent, ce lundi, dans la dernière ligne droite.

Le dirigeant conservateur, arrivé au pouvoir en juillet, a fait le pari de convoquer ces législatives pour mettre en œuvre la sortie de l’Union européenne, pour laquelle les Britanniques ont voté à 52 % il y a trois ans et demi mais qui a plongé le pays dans une profonde crise politique.

« Trois jours pour sortir de l’impasse »

S’il est donné en tête des sondages, le contexte politique très agité rend l’issue incertaine et le scrutin s’annonce serré dans de nombreuses circonscriptions, poussant les partis à redoubler d’efforts dans les derniers jours de campagne. Après avoir promis dimanche de se « battre pour chaque vote », Boris Johnson doit faire campagne lundi dans le nord du pays, pour y répéter que la seule manière de réaliser le Brexit est d’opter pour une majorité conservatrice. Il reste « trois jours pour sortir de l’impasse », a-t-il martelé. « L’impact de cette élection se fera ressentir pour les décennies à venir », a-t-il encore souligné dans une lettre ouverte publiée par le Sunday Telegraph.

Boris Johnson espère décrocher la majorité qui lui a fait défaut pour pouvoir faire adopter par le Parlement l’accord de Brexit qu’il a négocié avec Bruxelles. Le leader conservateur de 55 ans promet qu’après trois reports du Brexit, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne le 31 janvier. Sa prédécesseure Theresa May, qui avait également fait le pari de convoquer des élections en 2017 pour asseoir sa légitimité, était également donnée en tête dans les enquêtes d’opinion jusqu’au bout de la campagne. Elle n’avait finalement pas obtenu la majorité absolue à la Chambre des communes, plongeant encore plus son pays dans la crise.

Le Labour, seule possibilité pour rester dans l’UE ?

Face à lui, le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn, vétéran socialiste de 70 ans bien plus à gauche que ses prédécesseurs, mène une campagne radicale, promettant nationalisations et investissements massifs dans les services publics. Pour guérir les fractures qui secouent le pays depuis trois ans, il veut renégocier un accord de sortie de l’Union européenne qui maintiendrait des liens étroits avec les 27, qu’il soumettrait à un nouveau référendum proposant comme alternative le maintien dans l’UE. Une position qui lui vaut d’être critiqué pour son manque de clarté.

Mais avec un parti libéral-démocrate dont la promesse d’annuler purement et simplement le Brexit, le vote travailliste peut apparaître pour beaucoup comme le seul susceptible de permettre d’empêcher le Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. Le camp du « leave », lui, est uni derrière Johnson, qui a reçu jeudi le ralliement de quatre eurodéputés du parti du Brexit de l’europhobe Nigel Farage, voyant le vote conservateur comme le seul moyen d’écarter le maintien dans l’Union européenne. Malgré son retard dans les sondages, les espoirs de Jeremy Corbyn demeurent​. Si les conservateurs échouent à obtenir la majorité, le leader travailliste pourrait remporter les clés du 10 Downing Street au gré d’une alliance avec les indépendantistes écossais du SNP, farouchement opposés au Brexit.