Turquie : Onze proches de djihadistes renvoyés en France

RETOUR Le protocole de Cazeneuve est un accord de coopération policière entre Paris et Ankara qui permet que des djihadistes rentrant de Syrie via la Turquie soient immédiatement interceptés à leur retour

20 Minutes avec AFP

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Des femmes et des enfants de djihadistes au campement de Tanak, près de Baghouz (Syrie), le 1er mars 2019.
Des femmes et des enfants de djihadistes au campement de Tanak, près de Baghouz (Syrie), le 1er mars 2019. — CHAUVEL PATRICK/SIPA

Détenus en Turquie après s’être échappés d’un camp en Syrie, quatre Françaises épouses de djihadistes présumés, et leurs sept enfants, ont été renvoyés, ce lundi, vers la France, ont annoncé des sources concordantes.

« L’expulsion des combattants terroristes étrangers se poursuit. Dans ce cadre, onze ressortissants français ont été renvoyés », a indiqué le ministère turc de l’Intérieur dans un communiqué. Une source au ministère a précisé que ces expulsions avaient eu lieu lundi matin.

Le « protocole de Cazeneuve » à l’œuvre

Une source judiciaire française a confirmé que ces quatre femmes et leurs sept enfants, expulsés dans le cadre du « protocole de Cazeneuve », étaient bien arrivés en France. Signé en 2014, le protocole de Cazeneuve est un accord de coopération policière entre Paris et Ankara qui permet que des djihadistes rentrant de Syrie via la Turquie soient immédiatement interceptés à leur retour.

Parmi les quatre femmes, deux, qui faisaient l’objet d’un mandat d’arrêt, vont être présentées directement à un juge d’instruction en vue de leur mise en examen. Les deux autres faisaient l’objet d’un mandat de recherche et ont été placées en garde à vue à leur arrivée à Roissy, selon cette source. Les enfants sont quant à eux pris en charge par l’aide sociale à l’enfance.

Ankara accusée d’affaiblir la lutte antidjihadiste

Selon une source proche du dossier, ces femmes s’étaient évadées de camps en Syrie placés sous contrôle kurde et ont été récupérées par les autorités turques. La décision d’expulser ces ressortissants français, soupçonnés d’appartenir au groupe djihadiste Etat islamique (EI), avait été annoncée par un porte-parole du ministère turc de l’Intérieur le 11 novembre lorsque Ankara avait commencé à renvoyer vers leurs pays des présumés djihadistes étrangers détenus en Turquie.

Longtemps soupçonnée d’avoir laissé les djihadistes traverser sa frontière pour rejoindre la Syrie après le début du conflit qui déchire ce pays depuis 2011, la Turquie, frappée par plusieurs attentats commis par l’EI, a rejoint en 2015 la coalition antidjihadiste. Mais Ankara a été accusée ces dernières semaines d’affaiblir la lutte contre les éléments dispersés de l’EI en lançant, le 9 octobre, une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), fer de lance du combat contre l’organisation djihadiste.