Washington confirme être à l'origine du raid... La Syrie parle d'«acte terroriste»

SYRIE Huit civils ont perdu la vie dans ce raid mené par des soldats américains...

MD avec agence

— 

Carte de situation de l'attaque américaine d'un village syrien, le 26 octobre 2008.
Carte de situation de l'attaque américaine d'un village syrien, le 26 octobre 2008. — IDE

Dimanche, une attaque de soldats américains débarqués d'hélicoptères venant d'Irak, a eu lieu contre un bâtiment dans un village syrien frontalier faisant huit morts. Depuis, le flou demeure autour de ce raid aérien et de ses objectifs.

Alors que la Syrie dénonce un «crime de guerre», l'Irak tente d'expliquer que l'opération héliportée contre un village syrien, imputée par Damas à l'armée américaine, visait des insurgés.

Les Américains sont-ils à l'origine de l'attaque


«L'endroit était le théâtre d'activités d'organisations anti-irakiennes se servant de la Syrie comme base-arrière pour des opérations en Irak», a déclaré le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Al-Dabbagh.

«Le gouvernement irakien était en contact avec la partie américaine (...) sur cette attaque menée sur la frontière syrienne», a-t-il ajouté. Un responsable américain a confirmé que ce raid héliporté a été réalisé par l'armée américaine.

La Syrie demande l'ouverture d'une enquête

Du côté syrien, l'heure est à la colère. La télévision d'Etat syrienne a montré, lundi, des images d'un bâtiment en construction, avec du sang sur le sol, des matelas déchirés et des victimes dans la morgue. «Les forces américaines venant d'Irak ont commis un assassinat avec sang-froid.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a accusé les Etats-Unis d'avoir commis une «agression terroriste.»

Ils ont commis un crime de guerre qui a tué huit ressortissants syriens civils dans un village calme à huit kilomètres de la frontière irakienne», a dénoncé le journal gouvernemental Techrine.

Les Etats-Unis n'ont pas encore réagi à l'incident qui serait le premier du genre en territoire syrien. En Irak, les forces de la coalition internationale dirigée par Washington ont déclaré n'avoir «aucune information.» La Maison Blanche a décliné lundi toute réaction. «Pas de commentaire», a répondu la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, interrogée par courrier électronique.

La France rappelle son attachement à l'intégrité territoriale

La France a, quant à elle, souhaité que «toute la lumière soit faite» sur cette opération et souligné son «attachement au respect de l'intégrité territoriale» des Etats.

«S'il devait se confirmer que les faits se sont déroulés en territoire syrien, nous rappelons notre attachement au respect de l'intégrité territoriale des Etats», a précisé Eric Chevallier, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères

Le ministère syrien a demandé à l'Irak d'ouvrir une enquête et d'interdire que son territoire soit le point de départ d'agressions contre la Syrie.