Iran: Les Etats-Unis accusent le régime d’avoir tué plus de 1.000 manifestants

ESCALADE Donald Trump et le Pentagone ont démenti un possible nouveau déploiement de 14.000 soldats supplémentaires. Une position tempérée par le sous-secrétaire à la Défense

20 Minutes avec AFP

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Des drapeaux américains brûlés le 25 novembre 2019 à Téhéran en soutien au régime
Des drapeaux américains brûlés le 25 novembre 2019 à Téhéran en soutien au régime — MORTEZA NIKOUBAZL/SIPA

L’escalade continue entre les Etats-Unis et l’Iran. Les Américains ont accusé jeudi le régime de Téhéran d’avoir tué plus de 1.000 Iraniens lors de la répression « brutale » de la contestation qui a éclaté mi-novembre, un bilan bien supérieur à ceux évoqués jusqu’ici. L’émissaire américain pour l’Iran Brian Hook, a toutefois reconnu que ce bilan n’était « pas certain, car le régime bloque l’information ».

Les contestations ont éclaté le 15 novembre

« Des milliers d’Iraniens ont été blessés. Et au moins 7.000 manifestants ont été placés en détention », a encore avancé l’émissaire, appelant la République islamique à les libérer « immédiatement », ainsi que tous les « prisonniers politiques ». « C’est terrible », « ils tuent beaucoup de gens et ils arrêtent des milliers de leurs propres citoyens dans une répression brutale », a ensuite commenté le président américain Donald Trump.

La contestation a éclaté le 15 novembre dès l’annonce d’une forte hausse du prix de l’essence, en pleine crise économique aggravée par les sanctions américaines, et a touché une centaine de villes. Les autorités, qui avaient bloqué Internet durant les manifestations, ont dit avoir rapidement ramené l’ordre. Amnesty International a estimé qu’au moins 208 personnes avaient été tuées par les forces de l’ordre iraniennes, tout en affirmant que « le bilan réel » de cette « horrible tuerie » était « vraisemblablement supérieur ».

L’Iran n’a reconnu que cinq décès

Téhéran, qui qualifie de « mensonges absolus » ces chiffres fournis par des « groupes hostiles », n’a confirmé à ce jour que cinq décès : quatre membres des forces de l’ordre tués par des « émeutiers » et un civil. Mais, semblant reconnaître en creux un bilan plus lourd, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a tenté de jouer l’apaisement en autorisant des compensations financières pour certaines victimes.

Les tensions sont donc exacerbées dans la région. L’armée américaine a envoyé depuis le printemps 14.000 soldats en renfort au Moyen-Orient, qui viennent s’ajouter aux quelque 70.000 militaires stationnés sur place d’ordinaire. Une porte-parole du Pentagone a démenti mercredi des informations du Wall Street Journal sur un possible nouveau déploiement de 14.000 soldats supplémentaires. Mais pressé de questions par des sénateurs, le sous-secrétaire à la Défense John Rood s’est montré jeudi moins catégorique, assurant que les Etats-Unis étaient prêts à « adapter » leur présence au « niveau de la menace » dans les prochains jours. Donald Trump a lui aussi démenti le chiffre de l’arrivée prochaine de 12.000 soldats.