« Un violeur sur ton chemin »… L’hymne des féministes du Chili résonne dans le monde entier

PERFORMANCE Le 20 novembre, une vingtaine de femmes ont bloqué un axe de Valparaiso, une vidéo très partagée sur les réseaux sociaux

L.Br. avec AFP

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La chorégraphie des féministes à Santiago du Chili, le 5 décembre 2019.
La chorégraphie des féministes à Santiago du Chili, le 5 décembre 2019. — Martin BERNETTI / AFP

Un bandeau noir sur les yeux, elles réalisent une chorégraphie en chantant dans les rues de Santiago du Chili pour protester contre les violences faites aux femmes. Leur performance, appelée « Un violador en tu camino », a été très partagée sur les réseaux sociaux. Depuis, elle est reprise par les féministes du monde entier, selon le JDD qui raconte la genèse de cette danse.

A l’origine, il y a un collectif de quatre femmes chiliennes, appelé Lastesis. Dafne Valdés Vargas, Sibila Sotomayor Van Rysseghem, Paula Cometa Stange et Lea Cáceres Díaz ont pour objectif de mobiliser l’opinion sur les thèses féministes. Alors qu’elles travaillent sur un projet pour l’automne 2019, une crise sociale éclate au Chili, à la suite de la hausse de l’annonce d’une nouvelle hausse du prix du ticket de métro à Santiago.

Une chanson répandue partout dans le monde

Elles décident alors d’adapter ce projet pour la rue. Le 20 novembre, une vingtaine de femmes bloquent un axe de Valparaiso. Une vingtaine de femmes scandent alors des paroles fortes, qui dénoncent les préjugés sur les femmes violées et dénoncent les agresseurs : « Ce n’était pas ma faute, ni où j’étais, ni comment j’étais habillée/Les violeurs, c’est vous/Les violeurs, c’est vous/Les flics/Les juges/L’Etat/Le Président »… Depuis, ce mode d’expression a été adopté par des groupes féministes partout dans le monde, de Paris à New York en passant par Sydney et Mexico.

Selon les données de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc), les violences sexistes ont coûté la vie à au moins 3.529 femmes dans 25 pays en 2018.