Français tué à Bogota : Le point sur l’enquête sur le meurtre de l'ingénieur toulousain du groupe Thales

FAITS DIVERS Un ingénieur, âgé de 45 ans et résidant à Toulouse, a été abattu en pleine rue lundi soir dans la capitale colombienne

O. G.

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C'est dans cette rue que l'ingénieur français a été tué lundi soir à Bogota, en Colombie.
C'est dans cette rue que l'ingénieur français a été tué lundi soir à Bogota, en Colombie. — AFP
  • Lundi soir, un ingénieur de 45 ans a été abattu en pleine rue à Bogota, en Colombie. 
  • Le suspect a pris la fuite et n'a pas été retouvé. 
  • Pour le moment, les policiers ne privilégient pas la thèse du vol. 

Encore beaucoup de flou sur le meurtre d’un Français, tué en pleine rue, à Bogota, non loin de l’Ambassade de France. 20 Minutes fait le point sur les informations connues pour le moment.

Que s’est-il passé ?

Un ingénieur français du groupe Thales a été abattu lundi soir en pleine rue dans un quartier huppé de Bogota par un « tueur à gages » qui a ensuite pris la fuite. La victime « était en compagnie d’un autre Français. Ils sortaient d’une pizzeria », située à proximité du Parc de la 93e rue, dans le district de Chapinero, situé dans le nord de Bogota, a indiqué une source policière à l’AFP.

Le tueur « est arrivé par derrière », visant « uniquement » la victime, avant de s’enfuir, a poursuivi cette source, selon laquelle la scène s’est déroulée très près de l’ambassade de France en Colombie. Selon le quotidien national colombien El Tiempo, la victime a été blessée à la tête par une arme à feu et est morte sur le coup.

Qui était la victime ?

D’après le policier contacté par l’AFP, qui s’exprimait sous le couvert de l’anonymat, la victime s’appelait Philippe Cavaillés, était âgée de 45 ans et résidait dans la région de Toulouse, dans le sud-ouest de la France. Selon l’ambassade, la victime était un ingénieur français « en mission » à Bogota pour le groupe de technologie et de défense français.

A l’heure actuelle se déroule à Bogota le salon Expodefensa consacré à la défense et à la sécurité, où Thales dispose d’un stand parmi plusieurs dizaines d’autres exposants. Interrogé par l’AFP sur place, une chargée de communication de Thales a indiqué que la victime « ne participait pas » au salon. « Il travaillait sur un projet civil », a ajouté Patrick Colas des Francs, le co-organisateur d’Expodefensa.

Selon la source policière interrogée par l’AFP, la victime « devait rentrer » mercredi. Dans une réaction à l’AFP, le groupe Thales a fait part de son « immense et profonde tristesse » et a précisé que le collègue avec lequel se trouvait la victime a été « immédiatement pris en charge par les autorités compétentes et la direction de Thales sur place ». Le groupe a également précisé qu’une équipe « a été dépêchée sur place et est en contact permanent avec les autorités locales compétentes et le corps diplomatique ».

Où en est l’enquête ?

Les personnes interrogées ont déclaré ne rien savoir de ce qui s’était passé la veille face à un hôtel Novotel dans cette zone branchée de la capitale colombienne où se trouvent de nombreux bars et restaurants. L’assassinat a eu lieu vers 22h15 (4h15 heure de Paris), a précisé à la presse le major Robert Mendez, commandant de la police du district de Chapinero. « Nous écartons l’hypothèse d’un vol. D’après les éléments dont nous disposons, il s’agit d’un assassinat perpétré par un tueur à gages », a-t-il encore expliqué.

Selon El Tiempo, les policiers ont regardé les vidéos des 115 caméras de surveillance dans la rue. Par ailleurs, ils interrogent les témoins de la scène, notamment l’autre Français qui accompagnait la victime.

Le major Mendez de la police colombienne a indiqué que la victime était déjà venue en Colombie en 2017 et qu’il n’avait « jamais eu de problème, jamais eu maille à partir avec quiconque lors de son séjour » dans le pays sud-américain. Règlement de comptes ou meurtre à l’aveugle ? Pour le moment, le Quai d’Orsay n’a pas apporté de précisions sur l’avancée de l’enquête. Selon Laurent Trombini, coordinateur CGT au sein du groupe Thales, interviewé par France Info, il s’agirait plutôt d’un assassinat dû au hasard. « Selon les derniers éléments qui nous parviennent, Philippe Cavaillès n’était pas particulièrement ciblé, a expliqué ce salarié de Thalès à nos confrères. Cela pourrait être l’acte d’un individu souhaitant intégrer un cartel. Il aurait subi comme rituel de passage l’objectif d’abattre un homme au hasard. Notre collègue était semble-t-il au mauvais endroit, au mauvais moment. »