Chine : La reconnaissance faciale est désormais obligatoire avant d’acheter un smartphone

IDENTIFICATION Les opérateurs téléphoniques chinois doivent « utiliser l’intelligence artificielle et tous les moyens techniques possibles » pour s’assurer de l’identité réelle de leurs utilisateurs

20 Minutes avec agences

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Reconnaissance faciale (photo d'illustration).
Reconnaissance faciale (photo d'illustration). — DAVID MCNEW

La reconnaissance faciale n’est plus une option mais une obligation en Chine. A partir de ce dimanche, les personnes achetant un téléphone portable dans une boutique du pays devront accepter de se faire enregistrer par cette technologie. Leurs données seront alors conservées comme correspondant au numéro.

Pour mieux contrôler le cyberespace, le gouvernement chinois avait publié en septembre une directive destinée à « préserver les droits légitimes et les intérêts des citoyens en ligne ». Bien que l’enregistrement sous identité réelle soit déjà en vigueur depuis au moins 2013, le recours à l’IA et la reconnaissance faciale est nouveau dans ce domaine.

Le gouvernement veut « augmenter la supervision et les inspections »

La directive prévoit notamment que les opérateurs téléphoniques doivent « utiliser l'intelligence artificielle et tous les moyens techniques possibles » pour s’assurer de l’identité réelle des utilisateurs d’un nouveau numéro de téléphone. Les acheteurs pourront être enregistrés en train de tourner la tête et de cligner des yeux, a expliqué à l’AFP un représentant de l’opérateur China Unicom.

Le texte promet également de « continuer à augmenter la supervision et les inspections » afin d’assurer le respect de l’obligation d’enregistrement sous identité réelle.

Entre soutien et inquiétude

La reconnaissance faciale est une technologie de plus en plus utilisée en Chine, aussi bien pour la sécurité que pour des usages beaucoup plus courants, par exemple aux caisses des supermarchés. Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs ont réagi à cette annonce avec un mélange de soutien et d’inquiétude, craignant que leurs données biométriques ainsi enregistrées ne puissent ensuite être transmises à d’autres entités ou vendues.

Le pays a récemment connu ses premiers procès sur l’usage de cette technologie. Début novembre, un professeur a ainsi attaqué la direction d’une réserve d’animaux à Hangzhou, non loin de Shanghai, qui exigeait une identification par reconnaissance faciale pour les visiteurs.

Le gouvernement chinois surveille de plus en plus étroitement les réseaux sociaux pour, dit-il, « promouvoir un développement sain et ordonné d’Internet et protéger la sécurité de l’Etat et l’intérêt public ». Le site Weibo a ainsi l’obligation d’enregistrer l’identité réelle de ses utilisateurs depuis 2012.